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26/05/2011 à 16:27
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À sa sortie de prison, Tandja (en lunettes) regagne son domicile, entouré de ses partisans. À sa sortie de prison, Tandja (en lunettes) regagne son domicile, entouré de ses partisans. © Tagaza Djibo/AP/Sipa

Libéré le 10 mai, l’ancien président nigérien Mamadou Tandja multiplie depuis les audiences dans sa résidence de Niamey. Sans rien révéler de ses intentions.

Renversé et arrêté lors du coup d’État du 18 février 2010, l’ancien président nigérien Mamadou Tandja peut désormais aller où bon lui semble. Du moins, tant que la justice ne requalifiera pas les charges qui pesaient contre lui.

La chambre d’accusation de la cour d’appel de Niamey a annulé toutes les poursuites engagées, les jugeant illégales. Accusé de complicité de détournement de fonds, de délit de favoritisme et de violation du serment coranique pour avoir convoqué un référendum anticonstitutionnel, Mamadou Tandja a passé les onze premiers mois de sa détention en isolement à la Villa verte, haut lieu du pouvoir durant les années Kountché, avant d’être transféré, en janvier dernier, à la prison civile de Kollo, à une trentaine de kilomètres au sud de Niamey.

Le 10 mai, jour de sa libération, alors que Me Oumarou Souleye, son avocat, et ses amis du Mouvement national pour la société de développement (MNSD) l’attendaient depuis 10 heures du matin, l’ancien président, serein, a tenu à déjeuner et à faire une petite sieste avant de quitter les lieux, à 16 heures précises. Prélude au train de sénateur qui l’attend désormais ? Peut-être.

En tout cas, depuis qu’il est libre, il consacre plusieurs heures par jour à la lecture du Coran et se repose dans sa résidence du quartier du Plateau, boulevard Mali-Déro, à Niamey. Mais il reçoit aussi sans discontinuer, entouré de ses deux épouses et de deux de ses sept enfants, arrivés de Dakar pour la circonstance.

"Faire barka"

Parmi les premiers à s’être pressés à son domicile dès le lendemain de sa libération, le président du MNSD, Seini Oumarou, qui fut également son Premier ministre, ou encore d’anciens ministres comme Aïchatou Mindaoudou (Affaires étrangères) et Ali Lamine Zeine (Économie). Tous les députés de la nouvelle opposition ont également fait le déplacement et, à l’intérieur du pays, de nombreuses délégations d’hommes politiques attendent d’être invitées à venir « faire barka », c’est-à-dire adresser leurs félicitations.

Reste que Mamadou Tandja n’a officiellement rien révélé de ses éventuelles ambitions politiques. Après quelque quinze mois passés en isolement, il estime probablement qu’il est trop tôt pour les dévoiler ou préciser quel rôle il compte jouer au sein de son parti.

Pour Me Oumarou Souleye, « le simple fait qu’il reçoive en priorité les membres du MNSD prouve bien qu’il n’est pas indifférent à la politique ». Pas sûr, toutefois, qu’il ait encore les moyens de revenir aux premières loges. Selon les observateurs, l’entretien d’une heure accordé le 12 mai par le président Mahamadou Issoufou au nouveau chef du MNSD, Seini Oumarou, marque la fin politique de Mamadou Tandja. Tout au plus pourra-t-il tenir au sein de sa formation un rôle symbolique, comme celui de président d’honneur. On s’attend également à ce qu’il la soutienne financièrement.

D’après son avocat, l’urgence, pour Tandja, c’est d’organiser les obsèques de sa mère, décédée mi-mars à l’âge de 110 ans, alors qu’il était en détention. Il avait alors rejeté la permission d’une semaine accordée par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), s’interdisant de sortir tant que sa situation n’était pas clarifiée.

Autre obligation inscrite sur l’agenda de l’ancien président, âgé de 73 ans : une visite chez le médecin. Si ceux qui l’ont approché le jugent plutôt bien portant, il devrait bientôt se rendre au Maroc ou en Tunisie pour y subir quelques examens médicaux. Enfin, selon un responsable politique nigérien, une visite de Mamadou Tandja au Sénégal n’est pas exclue, le président Abdoulaye Wade ayant pesé de tout son poids pour le faire libérer. 

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