La voix de François Bozizé vaudrait-elle de l’or ? D’audacieuses canailles s’en sont en tout cas servi pour se livrer à une arnaque d’un genre nouveau : imiter la voix du chef de l’État ou celle de son aide de camp afin d’exiger de plusieurs personnalités centrafricaines des transferts d’argent destinés à… créditer le téléphone portable du président !
Le scénario est grossier, mais efficace : un premier coup de fil du « président » centrafricain ordonne à la victime potentielle de se rendre à Boali ou à Bossembélé, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Bangui, pour une audience ou pour se faire remettre un véhicule de fonction. Quelques instants plus tard, invoquant un empêchement de dernière minute, l’escroc rappelle pour promettre un troisième coup fil, à condition, bien évidemment, que M. le président dispose de coupons de recharge téléphonique. La proie est donc gentiment invitée à s’en préoccuper dans les meilleurs délais.
Au moins une dizaine de personnes, dont un patron de presse, un préfet, un magistrat et d’autres hauts fonctionnaires, ont reconnu être tombées dans le piège. Sans doute flattés d’avoir pu ainsi rendre service à François Bozizé, certains sont allés jusqu’à transférer plus de 500 000 F CFA (760 euros) – alors que 50 000 F CFA (76 euros) auraient suffi. La présidence de la République, qui s’en est émue, a cru bon de rappeler que « le chef de l’État ne s’abaisserait jamais à demander à un tiers de lui transférer des crédits ».

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