Extension Factory Builder
21/05/2011 à 11:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Après la réunion du bureau de Guidance, le 30 avril au Caire. Après la réunion du bureau de Guidance, le 30 avril au Caire. © Sipa

On connaissait l'influente confrérie égyptienne des Frères musulmans. Il faudra maintenant compter avec son émanation politique : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

Si, sous Hosni Moubarak, les Frères musulmans étaient des habitués des tribunaux égyptiens, l’audience de mercredi dernier à la cours de cassation, où siège le comité en charge des partis politiques, était totalement inédite pour eux. Mohamed Saad el-Katatni, figure influente de la confrérie, venait officiellement présenter les documents nécessaires à la reconnaissance du nouveau Parti de la liberté et de la justice (PLJ).

Lors de la conférence de presse qui a suivi la remise des documents, Mohamed Saad el-Katatni a fait savoir que le tout jeune parti comprenait 8 821 membres, dont 978 femmes et 93 coptes. Il a également annoncé que le vice-président du parti serait Rafiq Habib, un intellectuel chrétien. « Nous n’avons pas choisi Rafiq Habib juste parce qu’il est chrétien, mais surtout pour sa qualité d’intellectuel et de figure publique qui peut apporter beaucoup au parti », a expliqué el-Katani avant d’ajouter qu’il allait de soi que leurs « frères chrétiens étaient des partenaires dans la patrie ».

"Les partis religieux appartiennent au Moyen Âge"

Le 30 avril, sur le perron de leurs nouveaux locaux, dans le quartier populaire cairote de Muqattam, les Frères musulmans avaient déjà annoncé, à l’issue de la première réunion non clandestine de leur Bureau de guidance depuis seize ans, la naissance de leur formation politique : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ). « Un parti civil aux fondements musulmans », puisque « les partis religieux appartiennent au Moyen Âge », a affirmé son président, Mohamed Morsy, et qu’ils sont toujours interdits.

Bien qu’historique, la création du parti a immédiatement suscité des réserves au sein de ses propres rangs. Beaucoup craignent qu’il ne soit pas assez indépendant de la confrérie. Presque 80 % de ses 8 000 fondateurs sont des Frères, et c’est leur Bureau de guidance qui a choisi, parmi ses membres, le président, le vice-président et le secrétaire général. Pourtant, le trio était censé être élu. Le processus aurait pris des semaines, a-t-on répondu aux jeunes.

Ces critiques risquent-elles d’affecter la popularité du mouvement ? Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center entre le 24 mars et le 7 avril, 75 % des Égyptiens ont une opinion favorable ou très favorable des Frères. Lesquels ont encore joué la carte de la modération en renvoyant dos-à-dos les salafistes et les coptes impliqués dans les affrontements confessionnels du 7 mai (quinze morts). Tout en les qualifiant de contre-révolutionnaires.

La décision du PLJ de ne pas présenter de candidat à la présidentielle de septembre accroît ses chances aux législativ

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Egypte

Mohamed Talbi : 'L'islam est né laïc'

Mohamed Talbi : "L'islam est né laïc"

L'auteur tunisien de "Ma religion c'est la liberté" n'en démord pas : le Coran est porteur de modernité et de rationalité, mais son message a été altéré par[...]

Égypte : quand Sissi tacle la France au sujet du dossier libyen

Lors d'une rencontre au Caire avec une délégation française, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi n'a pas manqué de faire savoir ce qu'il pensait de la gestion par la France du[...]

Égypte : entre les pavés, les jeunes pousses font leur révolution

Nouvelle tendance postrévolutionnaire, la création d'entreprises fait florès en Égypte. Un marché alléchant pour de nombreux investisseurs.[...]

L'Égypte promet de "punir" les auteurs de l'attaque ayant tué 22 soldats

L'Égypte a promis dimanche de "punir" les auteurs de l'attaque contre un point de contrôle militaire qui a tué la veille 22 soldats, l'une des plus meurtrières contre l'armée depuis[...]

Des députés français constatent le retour de l'Égypte sur la scène africaine

Première visite du genre depuis l'élection d'Abdel Fatah al-Sissi, une délégation de six députés français s’est rendue au Caire du 15 au 19 juillet. Le ministre des Affaires[...]

Égypte : attaque contre un point de contrôle de l'armée, 21 soldats tués

Vingt et un soldats de l'armée égyptienne ont été tués samedi dans une attaque perpétrée par des hommes armés contre un point de contrôle militaire dans l'ouest du[...]

Égypte : premières condamnations à vie pour des agressions sexuelles

Pour la première fois, un tribunal égyptien a condamné mercredi sept hommes à la prison à vie pour des agressions sexuelles sur la place Tahrir, au Caire. Certaines avaient été[...]

Libye : les voisins s'invitent dans la crise, au grand dam des Occidentaux

Inquiets de voir le pays sombrer dans le chaos, les six pays frontaliers s'impliquent dans le dossier. Mais leur initiative, soutenue par l'Union africaine et la Ligue arabe, n'est pas du goût des Occidentaux.[...]

Conflit israélo-palestinien : John Kerry attendu en Égypte mardi pour discuter d'une trêve

Selon la presse égyptienne, le secrétaire d'État américain, John Kerry, est attendu mardi en Égypte, alors que les appels se multiplient pour un arrêt des hostilités entre[...]

Égypte : sept morts à El-Arish dans le Nord-Sinaï

Trois roquettes se sont abattues dans la nuit de dimanche à lundi sur El-Arish, la capitale régionale du Nord-Sinaï. Sept et un soldat ont été tués, ont indiqué des sources[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers