On connaissait l'influente confrérie égyptienne des Frères musulmans. Il faudra maintenant compter avec son émanation politique : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ).
Si, sous Hosni Moubarak, les Frères musulmans étaient des habitués des tribunaux égyptiens, l’audience de mercredi dernier à la cours de cassation, où siège le comité en charge des partis politiques, était totalement inédite pour eux. Mohamed Saad el-Katatni, figure influente de la confrérie, venait officiellement présenter les documents nécessaires à la reconnaissance du nouveau Parti de la liberté et de la justice (PLJ).
Lors de la conférence de presse qui a suivi la remise des documents, Mohamed Saad el-Katatni a fait savoir que le tout jeune parti comprenait 8 821 membres, dont 978 femmes et 93 coptes. Il a également annoncé que le vice-président du parti serait Rafiq Habib, un intellectuel chrétien. « Nous n’avons pas choisi Rafiq Habib juste parce qu’il est chrétien, mais surtout pour sa qualité d’intellectuel et de figure publique qui peut apporter beaucoup au parti », a expliqué el-Katani avant d’ajouter qu’il allait de soi que leurs « frères chrétiens étaient des partenaires dans la patrie ».
"Les partis religieux appartiennent au Moyen Âge"
Le 30 avril, sur le perron de leurs nouveaux locaux, dans le quartier populaire cairote de Muqattam, les Frères musulmans avaient déjà annoncé, à l’issue de la première réunion non clandestine de leur Bureau de guidance depuis seize ans, la naissance de leur formation politique : le Parti de la liberté et de la justice (PLJ). « Un parti civil aux fondements musulmans », puisque « les partis religieux appartiennent au Moyen Âge », a affirmé son président, Mohamed Morsy, et qu’ils sont toujours interdits.
Bien qu’historique, la création du parti a immédiatement suscité des réserves au sein de ses propres rangs. Beaucoup craignent qu’il ne soit pas assez indépendant de la confrérie. Presque 80 % de ses 8 000 fondateurs sont des Frères, et c’est leur Bureau de guidance qui a choisi, parmi ses membres, le président, le vice-président et le secrétaire général. Pourtant, le trio était censé être élu. Le processus aurait pris des semaines, a-t-on répondu aux jeunes.
Ces critiques risquent-elles d’affecter la popularité du mouvement ? Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center entre le 24 mars et le 7 avril, 75 % des Égyptiens ont une opinion favorable ou très favorable des Frères. Lesquels ont encore joué la carte de la modération en renvoyant dos-à-dos les salafistes et les coptes impliqués dans les affrontements confessionnels du 7 mai (quinze morts). Tout en les qualifiant de contre-révolutionnaires.
La décision du PLJ de ne pas présenter de candidat à la présidentielle de septembre accroît ses chances aux législativ

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