26/04/2011 à 12h:33 Par Jean-Eric Boulin, à New York
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Afghanistan, Irak... l'administration démocrate prise au piège. Afghanistan, Irak... l'administration démocrate prise au piège. © KAL / The Economist

La politique étrangère d’Obama n’a pas rencontré que des succès. Au moins marque-t-elle une rupture radicale avec celle de son prédécesseur.

Pragmatique, un rien idéaliste et d’une grande prudence. Barack Obama mène depuis son élection une politique étrangère tout en nuances. S’agissant du « printemps arabe », il a défini sa position au cas par cas. Entre realpolitik et défense des aspirations démocratiques.

S’il a accompagné le changement en Tunisie, il a, sur le dossier égyptien, failli se retrouver du mauvais côté de l’Histoire. En lâchant Moubarak, il a provoqué la colère du roi Abdallah d’Arabie saoudite et la consternation d’Israël, pour lesquels le président égyptien était un gage de stabilité. Dans les autres pays arabes, la défense des intérêts américains a primé. Concernant la rébellion chiite à Bahreïn, Obama s’est montré très discret afin de ménager les Saoudiens et de ne pas faire le jeu de l’Iran.

À l’inverse, les États-Unis ont choisi d’agir en Libye. Pour des raisons humanitaires, bien sûr, mais aussi pour contenir les ambitions de la République islamique, qui, comme l’on sait, n’a nullement renoncé à son programme nucléaire. « C’est un signal très fort adressé à l’Iran concernant les capacités militaires et diplomatiques des États-Unis », commente Benjamin Rhodes, un conseiller du président. Cette intervention en Libye – comme en Côte d’Ivoire, où Washington et l’ONU ont délégué à la France l’usage de la force – a permis à Obama de définir une nouvelle doctrine d’intervention militaire acceptable par la communauté internationale. L’Amérique n’interviendra que :

1. s’il se trouve des alliés pour partager le fardeau ;

2. s’il existe un moyen de sortir de la crise.

Décrispation

Ce retour en grâce du multilatéralisme est sûrement l’un des aspects les plus positifs de l’action de son administration. Autre point encourageant : la décrispation des relations avec la Chine. Les tensions commerciales tendent à s’apaiser, Obama rencontre souvent Hu Jintao, et la Chine n’a pas opposé son veto à la résolution onusienne sur la Libye. Ce qui n’a pas empêché Washington de hausser le ton sur les droits de l’homme et de renforcer ses liens avec le Japon, la Corée du Sud et l’Indonésie, tous inquiets de l’expansion chinoise.

Le bilan moyen-oriental est plus discutable. Le processus de paix reste dans l’impasse et, s’il est réélu, Obama devra, comme Bill Clinton lors de son second mandat, mettre tout son poids dans la balance pour tenter de débloquer la situation. Il lui faudra pour cela se montrer plus ferme à l’égard d’Israël. En Afghanistan, malgré l’envoi de renforts, la situation se détériore. On voit mal comment les Américains pourraient procéder à l’important retrait de troupes programmé pour cet été (en Irak aussi, des hommes devraient rester stationnés malgré les promesses de retrait total). Surtout avec un allié comme le Pakistan, incapable, selon un récent rapport du Pentagone, d’éliminer les talibans et les djihadistes d’Al-Qaïda retranchés dans les zones tribales. Dans l’immédiat, toute perspective de stabilisation à long terme de l’Afghanistan paraît illusoire. 

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