26/04/2011 à 12h:24 Par Propos recueillis par Stéphane Ballong
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Arnold Ekpe, directeur général d'Ecobank. Arnold Ekpe, directeur général d'Ecobank. © Vincent Fournier/J.A.

Déjà Paris, bientôt Shanghai, New York… Le groupe Ecobank poursuit sa stratégie internationale. Objectif : être présent sur les principales places financières pour attirer des fonds vers le continent.

Jeune Afrique : En 2009, ETI a entamé un développement à l’international avec l’ouverture d’une filiale à Paris, EBI SA. Quel bilan en tirez-vous ?

Arnold Ekpe : Nous enregistrons une évolution intéressante des activités de cette filiale [en 2010, le total de bilan a augmenté de 420 % sur un an, à 238 millions d’euros, NDLR]. Nos activités de financement du commerce avec l’Afrique, de change, de trésorerie, etc., progressent. Nous en sommes satisfaits et demeurons optimistes.

Comptez-vous dupliquer l’opération à Londres ?

À Londres, nous avons juste ouvert un bureau de représentation. Nous n’avons pas d’agrément pour y exercer une activité bancaire proprement dite. En fait, notre ambition est d’être présent sur les principales places financières internationales – Londres, Dubaï, Shanghai et New York.

A l’international, comment envisagez-vous de vous positionner par rapport à la concurrence ?

Nous intervenons sur trois activités principales. D’abord le financement du commerce, dans lequel nous travaillons avec des banques étrangères, notamment sur les transferts de paiements et le change. Ensuite la banque d’investissement, par laquelle nous aidons les entreprises africaines à lever des fonds pour le financement de leur développement et fournissons des conseils aux investisseurs qui veulent acheter ou vendre des entreprises en Afrique. Dans toutes ces activités à l’international, notre objectif est de drainer les capitaux vers le continent, parce que nous y sommes fortement présents, contrairement aux investisseurs occidentaux.

Comment expliquez-vous que des analystes et des investisseurs considèrent encore Ecobank comme une banque nigériane ?

Je ne saurais vous le dire. D’abord, notre maison mère est basée au Togo. On pourrait, à la rigueur, dire que nous sommes une banque togolaise, même si ce n’est pas le cas. Ensuite, le Nigeria représente près de 30 % de nos activités, donc plus de 70 % se déroulent en dehors du Nigeria. Nous ne sommes pas une banque nigériane, et les investisseurs étrangers le savent.

On vous reproche aussi de ne pas avoir un actionnaire de référence qui vous aide à lever facilement des fonds…

Lorsque vous prenez les grandes banques occidentales, pouvez-vous me dire qui sont leurs actionnaires de référence ? La question, à mon avis, n’est pas d’avoir un actionnaire de référence. La bonne question consiste à savoir ce que nous voulons faire d’Ecobank : un champion du secteur bancaire en Afrique. Pour y parvenir, les Africains doivent investir dans Ecobank pour en faire une grande banque capable de financer le développement du continent.

 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Le retour du multilatéralisme

Article précédent :
Tripoli - Paris, via Lampedusa

Réagir à cet article

Continental

Tennis : les Africains de Roland Garros

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du te[...]

Piraterie : pourchassés, les flibustiers somaliens changent de tactique

Ils sévissaient surtout le long des côtes somaliennes. Traqués de tous côtés, les flibustiers écument désormais de plus en plus les eaux du golfe de Guinée et changent de[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Afrique-Amérique du Sud : le Brésil aux premières loges

Prévu les 15 et 16 mai, le sommet Afrique-Amérique du Sud a été reporté sine die. Mais si ses voisins latino-américains manquent d'empressement, le Brésil s'implante[...]

France : l'AFD satisfaite de l'exercice 2011

Malgré une stabilisation des engagements sous la barre des 7 milliards d'euros l'an passé, le directeur général de l'Agence française de développement, Dov Zehra, s'est [...]

France : Hélène Le Gal, nouvelle "Madame Afrique"

Récusée comme ambassadrice de France au Rwanda, la diplomate Hélène Le Gal revient au premier plan par la grande porte : celle de l'Élysée, version Hollande.[...]

Hollande et l'Afrique : un continent, sept priorités

Le candidat Hollande en a très peu parlé durant la campagne. Mais un certain nombre de sujets devraient rapidement s'imposer à lui.[...]

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Mali - Soudan du Sud : Amadou Ousmane Guitteye, gardien du ciel africain

Passionné d'aviation civile depuis toujours, le Malien Amadou Ousmane Guitteye est en passe de faire entrer un 19e État (le Soudan du Sud) dans l'Agence pour la sécurité de la navigation[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers