Ismaïl Omar Guelleh n'est pas inquiet d'une éventuelle contagion des révolutions arabes.
© Vincent Fournier/J.A.
Il a suffi d’une manifestation violente, le 18 février, au cœur de Djibouti-ville, avec le concours de l’opposition radicale, pour que le grand voisin éthiopien s’inquiète.
Le président Mélès Zenawi a aussitôt téléphoné à son homologue Ismaïl Omar Guelleh pour s’informer de la situation et exprimer ses craintes de voir le port de Djibouti, dont l’Éthiopie dépend largement pour ses échanges extérieurs, bloqué pour cause d’instabilité. Guelleh l’a rassuré : l’onde de choc des « révolutions arabes » ne risque guère, selon lui, d’atteindre son petit État, à quelques jours de l’élection présidentielle du 8 avril.
Prévoyant, « IOG » a néanmoins fait accélérer la mise en œuvre de diverses mesures sociales visant à employer les jeunes chômeurs. Parmi celles-ci, la formation accélérée (en trois mois) d’un millier de Djiboutiens destinés à être recrutés par l’ONU comme policiers au Darfour et en Haïti ; et l’embauche, via des sociétés de recrutement américaines, de plusieurs centaines d’autres sur des chantiers au Qatar et à Abou Dhabi.
En réalité, plutôt qu’une quelconque contagion révolutionnaire chez lui (où la société civile est inexistante et où les partis d’opposition sont des coquilles vides), Guelleh redoute les effets d’une déstabilisation du Yémen voisin, qui pourrait se traduire par un afflux massif de boat people. Mais aussi un surcroît d’agressivité du régime érythréen, très proche de celui de Kaddafi. D’ores et déjà, les autorités britanniques ont sollicité Djibouti pour servir de tête de pont à l’évacuation du Yémen d’un millier de leurs ressortissants.

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