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01/02/2011 à 15:19
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Les opérations de rachat d’entreprises africaines ont atteint un total de 50 milliards de dollars. Grâce, notamment, au regain d’activité dans les secteurs des ressources naturelles et des télécommunications.

Un total de 50 milliards de dollars (36,5 milliards d’euros) : c’est le montant des fusions-acquisitions africaines pour 2010 – soit le double de l’année précédente. En 2009, les grands deals avaient été rares. À l’inverse, l’année écoulée n’aura pas été avare en opérations majeures : treize – selon le recensement de Jeune Afrique – ont dépassé le milliard de dollars et une autre au moins aurait pu s’ajouter à la liste si HSBC n’avait pas renoncé à prendre le contrôle de la banque sud-africaine Nedbank.

Outre l’acquisition des activités africaines de l’opérateur Zain par l’indien Bharti, une autre annonce de taille aura touché le secteur des télécoms : le rapprochement entre le russe VimpelCom et Wind Telecom, qui détient 51,7 % du capital de l’égyptien Orascom Telecom. La valorisation de cette opération, initialement de 6,6 milliards de dollars, pourrait évoluer, en fonction notamment de l’issue du conflit entre Orascom Telecom et l’État algérien autour de l’opérateur mobile Djezzy.

Dominé par les opérations dans le pétrole et les mines, le panorama des fusions-acquisitions de 2010 laisse pourtant entrevoir quelques nouveautés sectorielles. La principale – outre la progression des accords dans l’agro-industrie – est la multiplication des cessions d’infrastructures de télécoms (stations relais), pour un total de 800 millions de dollars. La vente annoncée des tours de télécommunication de Bharti (ex-Zain) devrait d’ailleurs constituer l’une des plus importantes opérations de l’année 2011.

Au Maghreb, les télécoms et les banques en vedette

Au Maroc comme en Tunisie, les télécoms ont encore marqué l’actualité. France Telecom-Orange a acquis, au prix de 837 millions de dollars, 40 % du capital de Méditel ; une part qui sera portée à 49 % au 1er janvier 2015. Orascom Telecom a cédé l’intégralité de sa participation dans l’opérateur mobile Tunisiana (50 %), pour 1,2 milliard de dollars. Le repreneur Qatar Telecom détient ainsi 75 % du capital, au côté d’un actionnaire local aujourd’hui bien encombrant, Sakhr el-Materi. Le secteur financier a aussi animé le marché, avec plusieurs opérations au capital de BMCE Bank (la montée de la CDG et du français CM-CIC pour un total de 700 millions de dollars) et d’Attijariwafa­ Bank (le renforcement du holding royal SNI).

En Afrique subsaharienne francophone, ce sont les mines qui ont, cette année encore, rythmé l’activité. Chinalco a ainsi acquis auprès de Rio Tinto 47 % de la mine de fer du Simandou, en Guinée, pour 1,35 milliard de dollars. Au Gabon, l’État et le français Eramet ont conclu un accord qui permettra l’augmentation sur plusieurs années de la participation publique au capital de la Comilog (de 25,4 % à 35,4 %), un deal valorisé à plus de 400 millions de dollars.

Le groupe kazakh ENRC – repreneur, en 2009, de la Camec pour 955 millions de dollars – a réitéré son engagement sur le continent en injectant 771 millions de dollars dans trois opérations, dont une en RD Congo. Quelques accords sont à noter dans les autres secteurs. Le marocain Saham s’est adjugé le contrôle de l’assureur Colina pour environ 140 millions de dollars. Dans l’agro-industrie, Castel est entré dans le capital de Somdiaa, rachetant des parts– pour un montant non communiqué – à la famille Vilgrain et apportant ses actifs dans le sucre. En 2011, dans le même secteur, la privatisation par lots du géant cotonnier malien CMDT devrait être un temps fort.

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