31/01/2011 à 15h:13 Par Pascal Airault
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Cherche personnalité brillante, consensuelle et habile pour mission (presque) impossible… Tel est l’appel à candidature que devrait lancer très vite la coprésidence franco-égyptienne de l’Union pour la Méditerranée (UPM), après la démission, le 26 janvier, de son secrétaire général, Ahmad Massa’deh, tout juste un an après son entrée en fonction.

Une démission que l’on attribue à la lassitude du Jordanien devant la paralysie d’une organisation impuissante à surmonter les blocages liés au conflit israélo-­palestinien. L’intérim est assuré par l’un des secrétaires généraux adjoints, l’Italien Lino Cardarelli, qui dispose d’un budget de fonctionnement de 6,2 millions d’euros pour 2011 et d’une quinzaine de fonctionnaires ; mais le poste devrait rapidement revenir à un pays de la rive sud.

Serge Telle, coordinateur de l’UPM pour la France, et Ashraf Hamdy, son homologue égyptien, se rencontreront au Caire les 2 et 3 février pour faire le point sur la question et préparer le programme de l’année. Plusieurs réunions ministérielles sont prévues sur l’énergie, l’agriculture, l’enseignement et la recherche, les technologies de l’information et le développement urbain. Mais une seule référence aux « territoires occupés » dans un texte peut faire capoter l’élaboration d’une stratégie, comme cela a été le cas pour celle de l’eau, en avril 2010. Et sans avancée dans le dossier israélo-palestinien, impossible d’organiser un sommet des chefs d’État ou une rencontre des ministres des Affaires étrangères. D’autres obstacles sont régulièrement évoqués, comme la discorde entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara occidental ou entre Grecs et Turcs sur Chypre. Pour Hubert Védrine, l’ancien chef de la diplomatie française, la dimension institutionnelle et politique de l’UPM demeure « prématurée, hyperfragile et bancale ».

Dans le camp français, où l’on plaide en faveur d’une candidature maghrébine, on veut rester optimiste. « Ce sera très dur de trouver le candidat idéal, dont le profil pourrait s’apparenter à un Moratinos de la rive sud, explique un diplomate de l’Élysée en référence à l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères. Après la “révolution du jasmin” en Tunisie et les manifestations en Algérie, en Jordanie et en Égypte, les dirigeants de ces pays ont d’autres chats à fouetter. Mais nous allons les convaincre qu’ils ont tout à gagner à faire prospérer cette Union pour donner un avenir à leur jeunesse. »

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Tunisie : des groupes salafistes 'menacent les libertés' selon une ONG

Tunisie : des groupes salafistes "menacent les libertés" selon une ONG

Des groupes salafistes menacent les libertés en Tunisie, a estimé vendredi le président d'honneur de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'homme (Ltdh) l'avocat Mokhtar Trifi.[...]

Tennis : les Africains de Roland Garros

Le tennis n’est assurément pas le sport le plus pratiqué d’Afrique. Les joueurs du continent sont donc peu nombreux à participer, à partir de dimanche 27 mai, à la grand messe du[...]

Israël : les immigrés africains accusés de menacer "le rêve sioniste"

La société israélienne connait actuellement un débat violent au sujet de l’immigration africaine, certains responsables politiques appelant à l’expulsion des clandestins venus du[...]

Cinéma - Yousry Nasrallah : "Je ne me suis jamais senti aussi libre"

Le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, en compétition pour la Palme d'or, est arrivé à Cannes sans ses affaires, mais avec un film éminemment politique sur la révolution, dont les[...]

Syrie : petits arrangements entre parias

Comment l'Iran aide-t-il la Syrie à exporter son pétrole, en dépit des sanctions internationales ciblant les deux pays ?[...]

Présidentielle égyptienne : un islamiste face à un cacique de l'ancien régime au second tour ?

Selon les premières estimations du 25 mai, le second tour de l’élection présidentielle égyptienne devrait opposer le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, au dernier Premier [...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

France - Algérie : et si on parlait (enfin) du futur ?

Tarik Ghezali est ingénieur de formation, auteur d'"Un rêve algérien" et de "Chronique d’un changement attendu" (mai 2012, éditions de l’Aube).[...]

Égypte : les Frères musulmans donnent leur candidat en tête à la présidentielle

Les Frères musulmans ont affirmé vendredi que leur candidat arrivait en tête au premier tour de l'élection présidentielle en Egypte après le dépouillement des bulletins dans la[...]

Législatives algériennes : le FLN perd 13 sièges après examen des recours

Après examen des recours à la suite des législatives du 10 mai, le Conseil constitutionnel algérien a annoncé le nombre définitif des sièges des partis à[...]

Voir tous les dossiers