21/01/2011 à 17h:02 Par Malika Groga-Bada
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Boni Yayi, le président béninois. Boni Yayi, le président béninois. © AFP

La date fixée pour l'élection présidentielle au Bénin avance à grands pas. Mais ni la Commission électorale ni la liste des électeurs ne sont prêtes.

Après des semaines de tergiversations, la présidence béninoise a rendu public le calendrier électoral : le premier tour de la présidentielle est fixé au 27 février, le second quinze jours après. « Si l’on veut respecter les délais légaux, c’est le moment où jamais », explique-t-on dans le camp présidentiel, alors que le mandat de Boni Yayi expirera le 6 avril. « On est bien optimiste à la Marina », ricane-t-on dans l’opposition. Et pour cause, à six semaines du scrutin, ni les listes électorales ni la Commission électorale nationale autonome (Cena) ne sont opérationnelles.

Censée disposer de deux mois pour organiser le scrutin, la Cena n’est même pas encore constituée. À l’ordre du jour parlementaire depuis le 13 janvier, elle promet des débats houleux entre les députés, qui devront en désigner les onze membres.

Autre problème et non des moindres, la liste électorale permanente informatisée (Lepi). Celle-ci a fait l’objet d’une bataille rangée entre le camp présidentiel et l’opposition, qui dénonçait un processus ouvert à la fraude : bien que supervisée par les Nations unies, la Lepi aurait écarté du recensement un million et demi d’électeurs potentiels dans ses bastions du Sud.

Alors que la date butoir pour la finalisation des listes électorales a été repoussée au 15 février, l’enregistrement des Béninois se poursuit dans certaines zones. Ce qui n’empêche pas Nassirou Bako-Arifari, à la tête de la Commission politique de supervision (CPS) de la Lepi, de balayer les craintes d’un revers de la main. « On met les bouchées doubles, rassure-t-il. Ces élections auront bien lieu avec une liste informatisée, sécurisée, et tout sera prêt à temps. »

Qu’à cela ne tienne. Les ministres du gouvernement sont (presque) en campagne pour encourager les populations à se faire recenser et enrôler. Idem du côté de l’opposition, où l’ancien président et maire de Cotonou, Nicéphore Soglo, ainsi que le candidat déclaré Abdoulaye Bio-Tchané se sont fait enrôler, histoire de montrer le bon exemple.

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