07/01/2011 à 10h:50 Par Stéphane Ballong
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Les activités de la place gabonaise ont débuté en 2008, deux ans après celles de Douala. Les activités de la place gabonaise ont débuté en 2008, deux ans après celles de Douala. © Tiphaine saint-Criq pour J.A.

Approuvé par les chefs d’État d’Afrique centrale en janvier 2010, le rapprochement entre les deux places financières peine toujours à se concrétiser.

L’année 2010 devait être pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) celle du renouveau. Des avancées notables étaient attendues dans les principaux projets visant à renforcer l’intégration sous-régionale. En janvier à Bangui, lors du sommet des chefs d’État de la zone, des décisions avaient été prises dans ce sens. Ainsi, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf, le régulateur du marché financier régional) avait reçu mandat de conduire le processus de rapprochement des deux Bourses de la zone : le Douala Stock Exchange (DSX) au Cameroun et la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) au Gabon.

L’existence dans la même zone économique de ces deux places financières fonctionnant sans aucune synergie est jugée contre-productive. « Cette dualité fait perdre à notre regroupement économique les bénéfices des économies d’échelle qui feraient baisser les coûts d’accès aux ressources financières », a expliqué Alexandre Gandou, président de la Cosumaf, lors des Journées du marché financier de l’Afrique centrale, les 6 et 7 décembre à Brazzaville.

De fait, « après Bangui, les régulateurs de la BVMAC et du DSX devaient se rencontrer pour établir conjointement une feuille de route en vue du rapprochement », explique Jacques Junior Schule, un des porte-parole de la Cosumaf. Il n’en a rien été. « La partie camerounaise a toujours évoqué des problèmes de calendrier », affirme-t-on au siège de la Cosumaf, à Libreville. Lors du prochain sommet des chefs d’État de la Cemac, qui devrait se tenir au plus tard en février prochain à Brazzaville, des propositions concrètes en vue de la fusion pourraient pourtant être soumises à leur approbation définitive.

Les raisons de la réticence camerounaise ? Certains acteurs du marché estiment que le DSX – dont les activités ont démarré en 2006 – est mieux placé que la BVMAC – qui a lancé les siennes en 2008 – pour accueillir la Bourse régionale, du fait d’une activité économique plus dynamique au Cameroun. « Pour susciter l’adhésion de tous au projet de rapprochement, nous préconisons une démarche consensuelle et progressive », indique-t-on à la Cosumaf. Le schéma le plus souvent avancé consiste à mettre en place une sorte de holding qui chapeautera les deux places avec, à la clé, la spécialisation de la BVMAC sur le marché obligataire et du DSX sur celui des actions. « Mais il faudra faire attention à la duplication des coûts », prévient Cyrille Nkontchou, le patron de LiquidAfrica.

Des résultats bien maigres

Face à la difficulté de trouver une entente entre la Cosumaf et la Commission des marchés financiers du Cameroun, la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont été sollicités comme parrains. Ces institutions s’apprêtent à commander une étude montrant le bien-fondé de la fusion entre les deux Bourses et définissant le contour de leur rapprochement. Un appel d’offres a été lancé en septembre pour le recrutement de l’expert qui devra mener à bien cette mission. Parallèlement, ces mêmes institutions financent toutes les activités (séminaires, réunions de sensibilisation…) pouvant aider à faire avancer le projet. L’Association internationale de développement (BM) a débloqué 1,5 million d’euros pour la période 2010-2012.

En attendant une hypothétique fusion, le marché financier sous-régional, dont le potentiel est pourtant considéré comme énorme, affiche des résultats bien maigres : trois introductions à Douala (Safacam, SEMC et Socapalm) et aucune à Libreville. Au total, l’encours des fonds levés sur ces deux places est estimé à 187,5 milliards de F CFA (environ 287 millions d’euros). Ce chiffre ne tient pas compte des emprunts obligataires que viennent de lancer la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (30 milliards de F CFA) et l’État camerounais (200 milliards de F CFA).

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