Défilé de mode à Paris, en 2010, avec une création de la Sénégalaise Collé Sow Ardo.
© Vincent Fournier/J.A.
Aucun grand défilé dans le monde n’a lieu sans la participation de créateurs africains. Collé Sow Ardo, Claire Kane et Oumou Sy au Sénégal, Alphadi au Niger, Pépita D au Bénin, Thulare Monareng en Afrique du Sud…
Leurs créations sont acclamées à Paris, New York ou Tokyo. « Mon souhait serait d’avoir au moins un show-room hors du Sénégal, mais comme je ne produis pas en grande quantité, j’ai du mal à trouver des partenaires pour représenter ma marque », explique Collé Sow Ardo. Car si l’on reconnaît partout le professionnalisme et l’originalité de ces créateurs, ils peinent à se faire une place, surtout à l’international.
Premier obstacle : les étoffes. Le coton africain, transformé en Asie, revient au double de sa valeur. « Ces tissus, on les retravaille avant d’en faire des vêtements, explique le styliste ivoiro-burkinabè Pathé’O. Et évidemment, il y a des prix sous lesquels on ne peut descendre si on ne veut pas fonctionner à perte. » À cela s’ajoutent la concurrence des tailleurs de quartier – qui reproduisent avec un succès discutable les tenues des couturiers – et celle des grandes marques occidentales, qui bénéficient sur le continent d’une cote que rien n’entame. « Une Africaine est prête à mettre 1 million de F CFA [1 500 euros] dans une robe Dior, mais réfléchira à deux fois avant de débourser le même montant pour une robe de Gilles Touré [un jeune créateur ivoirien, NDLR] », raconte Sylvie Konan, propriétaire d’une boutique dans le quartier huppé des Deux-Plateaux, à Abidjan. En attendant, Pathé’O se retrouve dans la garde-robe de Nelson Mandela ou d’Alpha Oumar Konaré. Collé Sow Ardo habille Abdoulaye Wade et Claire Kane pare Youssou N’Dour et Angélique Kidjo.
Article suivant :
Marques : grande distribution, alliée ou ennemie ?
Article précédent :
Les émeutes s'approchent de Tunis, entre 21 et 50 morts