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03/12/2010 à 11:50
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Le rapprochement entre la deuxième banque du pays, la STB, et la quatrière, BH, est à l'étude. Le rapprochement entre la deuxième banque du pays, la STB, et la quatrière, BH, est à l'étude. © Hichem

Avec 29 banques en Tunisie, le secteur, qui a bien résisté à la crise, demeure trop fragmenté. Les autorités veulent marier STB et BH, pour faire naître un champion.

Tout irait bien si… « Assurément, le secteur bancaire tunisien est en train de réussir sa mue vers plus de solidité et de maturité, il a pu réaliser un renforcement considérable de ses assises financières ainsi qu’une amélioration graduelle de sa rentabilité. » Le dernier bilan, établi en cette mi-novembre par la société d’intermédiation Maxula Bourse, analyse ainsi la capacité de résistance de l’ensemble des vingt-neuf banques tunisiennes face à la crise mondiale.

« On a assisté à une amélioration considérable des principaux fondamentaux durant l’année 2009 », expliquent les analystes de la société. Selon eux, le produit net bancaire cumulé de l’ensemble des établissements a augmenté de 120,6 millions de dinars tunisiens (DT, 63,3 millions d’euros), en hausse de 7,2 % par rapport à 2008, pour atteindre 1,8 milliard de DT l’an passé. Pour renforcer leurs fondations financières, les banques ont relevé leurs fonds propres de 431,3 millions de DT pour les porter à un total de 4,3 milliards de DT. Concernant la gestion du risque et la fiabilité de leur portefeuille, les vingt-neuf banques du pays ont continué à traquer les créances douteuses, qui ne représentent plus « que » 13,2 % de leurs engagements, contre 15,5 % à la fin 2008.

Dans ce contexte plutôt favorable, une redistribution des cartes a pourtant eu lieu parmi les onze banques cotées. Avec un total de bilan de 6,1 milliards de DT, la Banque internationale arabe de Tunisie (Biat) a évincé de la première place la Société tunisienne de banque (STB), à 5,9 milliards de DT, grâce, notamment, au dynamisme de sa politique de crédit, surtout auprès des particuliers (+ 17,7 %). Très bien placées, les trois banques publiques – STB, avec la Banque nationale agricole (BNA) et la Banque de l’habitat (BH), respectivement au 3e et au 4e rang – accaparent à elles seules 40,8 % du total de bilan du secteur.

Ecart de taille gigantesque

De bons résultats qui se sont reflétés à la Bourse de Tunis. Véritables piliers de la Place, les onze banques cotées représentent 49 % de la capitalisation. L’indice bancaire, qui regroupe les performances des valeurs du secteur, a progressé de 23,4 % au cours des neuf premiers mois de l’année 2010.

 

Il n’empêche. Les fragilités chroniques du secteur demeurent. « L’écart de taille entre les banques tunisiennes, leurs voisines et les établissements africains est tout simplement gigantesque. Le total des actifs des banques tunisiennes ne pèse que 2,76 % du total des banques africaines », relève Maxula Bourse. Et dans le classement 2010 de Jeune Afrique sur les 200 premières banques africaines, les premiers établissements tunisiens (Biat, STB et BNA) pointent entre la 42e et la 47e place.

Sur un marché de plus en plus concurrentiel et avec la convertibilité du dinar annoncée pour 2014, les banques tunisiennes doivent se regrouper pour se muscler. Le refrain est connu depuis des années. Un champion national naîtra-t-il enfin ? Jaloux de leur indépendance, les états-majors des banques ont toujours freiné des quatre fers. Mais sur l’insistance du chef de l’État, Zine el-Abidine Ben Ali, la deuxième banque du pays, STB, et la quatrième, BH, devront fusionner. Une étude est en cours dans ce sens. Le nouvel ensemble réaliserait un produit net bancaire de 431 millions de DT et disposerait de 207 agences. « L’opération, si elle devait se conclure, serait la plus importante fusion bancaire jamais réalisée en Tunisie. Au grand dam des banques privées, cette grosse opération tuniso-tunisienne donnerait naissance à un géant dont la capitalisation boursière avoisinerait 1,1 milliard de DT », se réjouit Maxula Bourse. Et dans le classement des 200 premières banques africaines de Jeune Afrique, celui-ci se classerait au 22e rang. Un sacré bon en avant.

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