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22/09/2010 à 16:55
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Prison de Rebeuss, à Dakar. Prison de Rebeuss, à Dakar. © Mamadou Gomis/AFP

Tortures, sévices ou viols. Dans un rapport publié mi-septembre, l’organisation de défense des droits de l’homme dénonce le comportement des forces de sécurité.

« Sénégal, terre d’impunité ». Le titre du dernier rapport d’Amnesty International sur la situation des droits de l’homme au Sénégal est sans équivoque. Selon l’ONG, tortures, sévices et viols sont des pratiques courantes au pays de la Teranga. Et ils sont très – trop – souvent le fait des forces de sécurité, révèle le document rendu public le 15 septembre, qui dénonce aussi l’absence de poursuites contre les coupables présumés, même en cas de décès des victimes (au moins six depuis 2007).

« Ce rapport ne vise pas le régime du président Wade. La culture de l’impunité est quelque chose que nous observons depuis longtemps. En trente ans, le système judiciaire ne s’est pas amélioré », regrette Salvatore Saguès, l’un des rédacteurs du texte, interrogé par Jeune Afrique. Un avis que partagent bon nombre de Sénégalais qui gardent en mémoire les manifestations de Kédougou, en décembre 2008, au cours desquelles plusieurs jeunes ont été interpellés puis torturés, ou encore la mort en détention, au mois de juillet, d’Abdoulaye Wade Yinghou, 29 ans, battu à coups de crosse.

S’il ne nie pas l’existence de cas de maltraitance, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement estime que le Sénégal est un « État de droit, soucieux de la préservation et de la défense des libertés individuelles et des droits pour tous. Il est loin de constituer une terre d’impunité ». Moustapha Guirassy affirme que des enquêtes ont été ouvertes pour élucider certaines affaires et qu’il est arrivé que des agents incriminés soient suspendus de leurs fonctions. Une réponse qui ne rassure pas Amnesty International. « Ce n’est pas suffisant. Nous voulons des actes concrets et des enquêtes indépendantes sur tous les dossiers sensibles », déclare Salvatore Saguès, qui rappelle que le rapport a été envoyé au mois de juin au chef de l’État, mais que celui-ci n’a pas réagi, et que, toujours selon Amnesty, le texte n’a pas été transmis au ministre de la Justice.

En 1994, alors qu’il était encore dans l’opposition et qu’il était emprisonné, Abdoulaye Wade avait pourtant lui-même bénéficié du soutien de l’organisation de défense des droits de l’homme.

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