23/08/2010 à 16h:20 Par Jean-Michel Aubriet
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Le 22 juillet, le président vénézuélien, Hugo Chávez, rompait avec emphase ses relations diplomatiques et commerciales, jugées par lui « mensongères », avec son voisin colombien. Moins de trois semaines plus tard, le 10 août, à l’issue d’un sommet bilatéral dans la ville colombienne de Santa Marta, sur la côte Caraïbe, il s’est résolu, non moins emphatiquement (« Colombie, je viens te réitérer mon amour éternel »), à les rétablir. Comme l’on dit, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis… Entre-temps, il est vrai, la Colombie a aussi changé de président. Álvaro Uribe, dont la « folie guerrière » était périodiquement dénoncée par Chávez, a passé le témoin à Juan Manuel Santos (59 ans), son ancien ministre de la Défense. Or, dès son investiture, ce dernier a prononcé des paroles d’apaisement. Premier exportateur de nourriture et de produits manufacturés vers le Venezuela, la Colombie n’a, à l’évidence, aucun intérêt à un conflit ouvert. À preuve : en raison de la crise entre les deux pays, lesdites exportations ont diminué de 71,4 % entre janvier et mai de cette année.

Santa Marta, Chávez et Santos ont donc discuté, plus de trois heures durant, des principaux points de leur contentieux. Rien n’a vraiment été réglé, mais peu importe. Sur la question des bases militaires qu’Uribe avait, en juillet 2009, autorisé l’armée américaine à utiliser, son successeur s’est montré ferme : pas question de dénoncer l’accord avec Washington s’il ne menace en rien la « souveraineté d’un autre pays ». Suivez mon regard. Sur celle des quelque 1 500 guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) réfugiés dans la jungle vénézuélienne, Chávez est resté évasif. Il ne conteste pas leur présence sur son territoire, mais jure qu’il n’a jamais envisagé une seconde de les soutenir. Bref, tout va bien. Jusqu’à la prochaine fois. 

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