Extension Factory Builder
25/08/2010 à 11h:20
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Omar Khadr, peu avant son arrestation en 2002. Omar Khadr, peu avant son arrestation en 2002. © AP/THE CANADIAN PRESS

Images de déjà-vu… Un homme à la barbe fournie, accusé de terrorisme, comparaît devant un parterre d’officiers américains sur la base de Guantánamo Bay. Jugé en catimini par un tribunal d’exception, il nie les faits et entend profiter de son procès pour dénoncer les tortures qu’il dit avoir subies depuis sa capture. Rien que de très banal depuis que les États-Unis ont déclaré « la guerre au terrorisme »…

C’est pourtant un procès unique qui s’est ouvert le 10 août (avant d'être suspendu pour au moins un mois vendredi 20 août). Pas seulement parce qu’il s’agit de la première affaire jugée dans l’enclave cubaine depuis que Barack Obama a imposé de nouvelles dispositions censées améliorer les droits de la défense des détenus étrangers. Pas seulement non plus parce que l’accusé est le dernier Occidental détenu à Guantánamo ­­­­– son pays, le Canada, n’ayant jamais réclamé son extradition.

Aveux sous la torture

À 23 ans, Omar Khadr est un adulte. Mais quand il a été arrêté, dans la ville de Khost (sud-est de l’Afghanistan), le 27 juillet 2002, à la suite d’une offensive de l’armée américaine contre une base d’Al-Qaïda, il n’avait que 15 ans. Lors de ces affrontements, Khadr aurait tué un sergent américain en jetant une grenade, d’où son inculpation pour « meurtre », qui s’ajoute à celle d’« espionnage » et de « soutien logistique au terrorisme ». Soigné – il venait de perdre un œil et avait la poitrine criblée de balles –, puis interrogé sur un brancard dans la sinistre prison de Bagram, il a été envoyé à Guantánamo quelques mois plus tard.

Les preuves de sa culpabilité sont fragiles. Ses aveux le sont tout autant. Selon ses avocats, ils lui ont été arrachés sous la torture – huit années durant, le garçon aurait même eu le « privilège » de tester les différentes techniques d’interrogatoire américaines. Mais le plus révoltant dans cette affaire, clament de nombreuses voix (ONG, médias), c’est que cela faisait des décennies qu’un pays occidental n’avait jugé un homme pour des crimes de guerre commis alors qu’il était encore un enfant. « C’est le premier procès d’un enfant-­soldat dans l’histoire moderne », dénonce l’un de ses avocats, qui déplore que Khadr ne bénéficie pas de ce statut.

Fils d’un Canadien d’origine égyptienne soupçonné d’avoir frayé avec Oussama Ben Laden dans les années 1990 et financé Al-Qaïda jusqu’à sa mort, en 2003, Omar, né à Toronto en 1986, puis régulièrement baladé entre le Canada et le Pakistan, aurait été envoyé dès l’âge de 11 ans dans des camps d’entraînement islamistes. Il y aurait appris le maniement des armes et été soumis à une intense propagande djihadiste. Une vidéo utilisée par l’accusation le montre, adolescent, posant des mines sur une route, quelque part entre le Pakistan et l’Afghanistan. Sur une autre vidéo, qui a fait le tour du web en 2008, on le voit dans sa cellule de Guantánamo, suppliant des agents canadiens de le faire sortir. Il y apparaît comme un gamin effrayé et épuisé.

Dans sa grande bonté, le tribunal a autorisé les officiers américains qui auront à juger Khadr à tenir compte de son âge lors de sa capture.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
La fausse note de Mohsen Cherif

Article précédent :
Fièvre médiatique

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Quiz : êtes-vous vraiment à jour sur l'actualité africaine ?

Quiz : êtes-vous vraiment à jour sur l'actualité africaine ?

Sahara occidental, présidentielle malgache, festival de Cannes, manifestations en Côte d'Ivoire... l’actualité de la semaine passée a été riche. Testez vos connaissance en répo[...]

États-Unis : un business nommé Jay-Z

Rappeur, entrepreneur, mari de Beyoncé... Tout semble réussir à Jay-Z. Son nouveau champ d'action : le management sportif. Son système : vantardise et débrouille. Son objectif : gagner[...]

L'actualité de la semaine en images

Affrontements en République Démocratique du Congo, visite de Valérie Trierweiler au Mali, immolation par le feu de jeunes tunisiens... Revivez en image avec "Jeune Afrique" les moments forts de la[...]

Racisme : "Be my slave", la mode au centre d'une nouvelle polémique sur l'esclavage

Après la dernière controverse autour de la gamme "style esclave" de la marque Mango, une nouvelle polémique secoue le milieu de la mode. Cette fois-ci, c’est un shooting baptisé "Be[...]

Italie : Cécile Kyenge, un parcours de battante

Ophtalmologue de 48 ans, d'origine congolaise, Cécile Kyenge est le premier ministre noir de l'histoire de l'Italie. Et, malgré les attaques racistes dont elle est la cible, elle assume avec panache ses origine.[...]

France - Libye : bienvenue à Tripolar !

Argent, sexe, pouvoir... Durant les années Sarkozy et jusqu'à la chute de Kaddafi, plusieurs proches du président français et du "Guide" libyen ont grenouillé en eau trouble.[...]

Comores : un complot ourdi en France ?

Les autorités comoriennes qui enquêtent sur la récente tentative de coup d'État ont acquis la certitude qu'une partie du complot avait été ourdie en France.[...]

Algérie : cauchemar suisse pour Khaled Nezzar

Inculpé pour "torture" en Suisse en 2012, l'ancien ministre algérien de la Défense Khaled Nezzar a été auditionné pendant plus de sept heures. Et il pourrait bientôt[...]

Législatives malaisiennes : perdant-perdant

Lors des législatives du 5 mai, le parti au pouvoir en Malaisie l'a emporté sans gloire tandis que l'opposition manquait son rendez-vous.[...]

66e Festival de Cannes : action!

Après des mois de folles rumeurs puis d'annonces alléchantes en films et en stars, place à l'action! Mercredi soir, le 66e Festival de Cannes ouvre ses portes au monde entier, avec en ouverture Leonardo[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces