16/08/2010 à 10h:56 Par Propos recueillis par Stéphane Ballong
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Laurence Bony est directrice du département des affaires internationales de la Sacem (France).

Jeune Afrique : Comment expliquer que, dans les pays africains, les sociétés d’auteurs ne parviennent pas à remplir leur mission ?

Laurence Bony : C’est très disparate. Certaines sociétés fonctionnent assez bien, comme au Burkina Faso et au Sénégal, même si les niveaux de perception et de répartition sont encore faibles à cause de la taille des marchés. Et il y a des pays où les mécanismes de collecte et de redistribution connaissent d’importants dysfonctionnements, soit à cause d’une mauvaise définition du rôle des sociétés, soit en raison d’une trop grande implication des pouvoirs publics. En Côte d’Ivoire, par exemple, le Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida), jusque-là public, est en train de devenir une structure privée.

Vous êtes une entreprise française basée à Paris. Comment organisez-vous la collecte des droits de vos sociétaires en Afrique ?

Dans chaque pays, lorsqu’une société est affiliée à la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac), nous signons avec elle un contrat de représentation réciproque. Ainsi, chacune de nos deux sociétés s’occupe, sur son marché domestique, de la gestion des droits d’auteur des membres de son partenaire. Généralement, un artiste africain peut être membre de la société locale pour ce qui concerne ses droits au niveau national et, par ailleurs, membre de la Sacem pour la gestion de ses droits à l’international.

Comment remédier au piratage ?

C’est une source énorme de déperdition des droits d’auteur. En Afrique, le problème est d’autant plus crucial que la piraterie est essentiellement physique, avec la commercialisation de faux CD ou DVD, alors que, en Europe, elle se fait surtout via internet. C’est un manque à gagner très important. Selon certains de mes collègues africains, le problème est d’autant plus complexe à résoudre que la piraterie constitue un pan important de l’activité économique de certains pays et que son éradication totale peut créer des problèmes sociaux. Conséquence : de nombreux gouvernements procèdent à des mesures éducatives des citoyens sur les nuisances liées à cette pratique… Cela peut être une solution.

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