Un mini-scandale en forme de vaudeville agite le petit royaume du Swaziland, enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. Avec, dans les rôles principaux, un roi trahi, une reine infidèle et un amant, ami d’enfance du souverain de surcroît.
Le 3 août, Ndumiso Mamba, le ministre de la Justice, a quitté le gouvernement. Il était soupçonné d’avoir entretenu une liaison secrète avec l’une des treize femmes du roi Mswati III, sur le trône depuis 1986. « J’ai eu une discussion avec lui et il a tout de suite démissionné », a expliqué le Premier ministre, Sibusiso Dlamini. Divulguée par la presse, l’information embarrasse au plus haut point la dernière monarchie absolue d’Afrique. Le mystère reste entier sur l’origine de la fuite. Apparemment, une source au palais royal…
Que s’est-il exactement passé ? En l’absence du roi, âgé de 42 ans, Nothando Dube, sa douzième épouse, de vingt ans sa cadette, aurait pris l’habitude de troquer sa robe pour un uniforme militaire afin de rejoindre incognito son amant. Ni vu ni connu, les tourtereaux gagnaient alors le lieu de leurs ébats, une villa royale située à une dizaine de kilomètres de Mbabane, la capitale. Toujours selon la même source, le pot aux roses aurait été découvert, fin juillet, par des agents des services secrets, alors que Mswati III se trouvait en voyage à Taiwan.
Le souverain aurait pu se consoler dans les bras de telle ou telle de ses douze autres épouses, mais non. Il a, dit-on, fort mal pris son infortune. Ndumiso Mamba risque d’être expulsé du royaume, et sa maîtresse, la douzième inkhosikati (« reine », en swazi), d’être assignée à résidence chez ses parents. L’un et l’autre pourraient en outre être condamnés solidairement au paiement d’une lourde amende : un troupeau de vaches. Les autres reines sont prévenues : on ne badine pas avec la tradition.

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