09/08/2010 à 11h:52 Par William Wallis. Financial Times et Jeune Afrique
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Raffinerie à Accra, au Ghana, en mars 2005. Raffinerie à Accra, au Ghana, en mars 2005. © Reuters

La découverte sur le champ d’Owo, annoncée le 26 juillet par le britannique Tullow Oil, ne fait que conforter l’avenir pétrolier du Ghana : une réserve en eau profonde de 1,4 milliard de barils, capable de rivaliser avec le champ Jubilee, mis au jour en 2007 par la compagnie texane Kosmos Energy. L’information, surtout, tombe à pic pour cette dernière, qui détient 18 % d’Owo et se trouve au cœur d’une polémique devenue affaire d’État.

En cause : la vente exclusive, négociée pour 3 milliards d’euros, de 23,5 % de ses parts dans Jubilee à l’américain Exxon Mobil. Elle prive ainsi la compagnie nationale Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) d’une éventuelle offre, et tous les prétextes sont bons, désormais, pour faire capoter le deal.

Le gouvernement ghanéen évoque ainsi le lien entre Kosmos et EO, société intermédiaire créée par deux anciens alliés de l’ex-président du Ghana, John Kufuor. Les autorités d’Accra suspectent EO d’avoir versé des pots-de-vin pour négocier dès 2004 des conditions bien trop avantageuses pour elle et Kosmos. Ce que nient, bien sûr, les deux intéressés, et les conclusions d’investigations menées par le département américain de la justice semblent leur donner raison : aucun élément de transgression de la loi sur les pratiques de la corruption à l’étranger (Foreign Corrupt Practice Act) n’a été mis en évidence.

Mais alors que l’échéance électorale de 2012 se rapproche, l’entourage du président John Atta-Mills est inquiet. Les lobbyistes de Kosmos ne ménagent pas leurs efforts pour faire pression sur la Maison Blanche. Si cette affaire perdure, elle pourrait détériorer les relations avec les États-Unis et priver le pays d’investissements alors qu’il se trouve aux portes du cercle restreint des grands producteurs d’or noir.

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