30/07/2010 à 10h:49 Par Cherif Ouazani
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Lors de la conférence de Kaboul, les Occidentaux ont annoncé le retrait de leurs troupes en 2014. Hamid Karzaï pavoise. Et les talibans attendent leur heure.

« Le seul intérêt de cette conférence est le fait qu’elle se soit tenue à Kaboul », estime un diplomate occidental en poste en Afghanistan. Le 20 juillet, la « zone verte », ce quartier de la capitale où se trouve le ministère des Affaires étrangères, avait des allures de camp retranché. Il faut dire que la conférence des bailleurs de fonds réunissait des représentants de soixante-dix pays donateurs et de diverses organisations internationales. À l’issue de ses travaux, deux importantes décisions ont été annoncées.

La première est la mise au point d’un agenda pour le transfert de la sécurité du pays à la police et à l’armée afghanes à l’horizon 2014. Un acquis pour le président afghan, Hamid Karzaï, qui s’était engagé devant ses électeurs à obtenir une date pour le retrait des forces étrangères. La seconde est que la proportion de l’aide financière versée directement par les bailleurs – sans passer par les autorités afghanes – va passer de 80 % à 50 %, ce que la communauté internationale rechignait jusqu’ici à accepter en raison de l’extrême corruption de l’administration locale.

Mais Karzaï peut également se réjouir que la conférence ait validé sa stratégie de réconciliation nationale fondée sur le dialogue avec les talibans, à la seule condition que ces derniers renoncent à la lutte armée et s’abstiennent de soutenir Al-Qaïda. Problème : les insurgés n’étant manifestement pas en position de faiblesse – et encore moins en quête d’une amnistie –, on les imagine difficilement accepter la paix des braves offerte par le chef de l’État.

La fin de la guerre d’Afghanistan, qui, pour les Occidentaux, menace de plus en plus de tourner à la déroute militaire, est donc programmée pour 2014. En fait, le retrait des troupes de l’Otan pourrait intervenir bien plus tôt. Lors de sa première visite à Washington, le Premier ministre britannique, David Cameron, n’a-t-il pas annoncé que le corps expéditionnaire de son pays pourrait entamer son redéploiement dès l’année prochaine ? 

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
L'étrange Afrique du Sud de Roger Ballen

Article précédent :
Drôle de paradis

Réagir à cet article

International

France : François Hollande et la francophonie

France : François Hollande et la francophonie

«François Hollande a compris que l'Organisation internationale de la francophonie [OIF] était un cadre intéressant pour faire avancer la démocratie en Afrique, sans trop mettre la France en avan[...]

Cinéma - Yousry Nasrallah : "Je ne me suis jamais senti aussi libre"

Le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, en compétition pour la Palme d'or, est arrivé à Cannes sans ses affaires, mais avec un film éminemment politique sur la révolution, dont les[...]

Namibie : le génocide oublié

Au tout début du XXe siècle, en Namibie, les colons allemands entreprirent d'exterminer systématiquement les peuples herero et nama. Dans un documentaire poignant, la réalisatrice Anne Poiret[...]

Syrie : petits arrangements entre parias

Comment l'Iran aide-t-il la Syrie à exporter son pétrole, en dépit des sanctions internationales ciblant les deux pays ?[...]

France : Hollande et les Arabes

Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]

Festival de Cannes : Dieudonné, "L'Antisémite" indésirable

Dieudonné n’aura pas les primeurs du festival de Cannes. Le marché du film du Festival de Cannes a obtenu, jeudi 24 mai, l’annulation de la projection de son premier long-métrage, intitulé[...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

État-Unis - Sénégal : les éloges de Carson à... Wade

Barack Obama avait promis en 2008 de soutenir la démocratie partout en Afrique. Abdoulaye Wade ayant accepté le verdict des urnes, Johnnie Carson chargé des affaires africaines au côté d'Hillary[...]

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

En visite privée en France, le souverain marocain Mohammed VI a été reçu à l’Élysée, jeudi 24 mai, dans l’après-midi. Il est le premier chef d’État[...]

RDC : droit de réponse de l'ambassadeur congolais à Paris

Suite à la publication de l’article sur les dettes contractées par l’ambassade de RDC à Paris envers l’un de ses avocats, l’ambassadeur Ileka Atoki a tenu à nous faire part des[...]

Voir tous les dossiers