29/07/2010 à 15h:31 Par Guy Dinmore. Financial Times et Jeune Afrique 2010
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Silvio Berlusconi. Silvio Berlusconi. © Reuters

On ne compte plus les responsables politiques, magistrats ou hommes d’affaires mis en cause pour corruption. Comme si le chef du gouvernement était désormais incapable d’assurer la protection de ses amis.

Sept mois après l’agression dont il a été victime devant la cathédrale de Milan, Silvio Berlusconi (73 ans) est revenu sur les lieux du « crime ». Pour y recevoir un prix récompensant son charisme et son leadership. Plusieurs membres de son gouvernement se trouvent pourtant impliqués dans des scandales. Au point que de nombreux Italiens en viennent à se demander si, pour le président du Conseil, l’heure ne serait pas venue de passer la main.

Pour un peu, on se croirait presque revenu au début des années 1990, quand la multiplication des affaires provoqua l’effondrement de tout le système. Des enquêtes pour corruption ont en effet été ouvertes à l’encontre d’une brochette de ministres, hommes d’affaires, magistrats et responsables politiques – certains soupçonnés d’entretenir des liens avec la mafia.

« Odeur de vase »

La dernière d’entre elles concerne une société secrète présumée à laquelle les plus proches alliés de Berlusconi sont soupçonnés d’appartenir. Mais pour Giulio Tremonti, ministre des Finances et possible successeur du Cavaliere, il ne s’agit là que de quelques « pommes pourries ». Traduction : l’arbre, lui, n’est pas touché. Et le verger, encore moins. Reste que Tremonti s’est récemment prononcé, soit pour la convocation d’élections anticipées, soit pour la mise en place d’un gouvernement d’urgence. « Une odeur de vase émane des palais de la République », a vertement répliqué Eugenio Scalfari, fondateur du quotidien d’opposition La Repubblica.

Il Giornale, un quotidien de l’empire médiatique de la famille Berlusconi, dénonce pour sa part le climat de trahison qui prévaut actuellement au sommet de l’État. Pour clarifier les choses, il presse Gianfranco Fini, le président du Parlement (et cofondateur du Peuple de la liberté, le parti au pouvoir), de mettre à exécution sa menace, voilée mais explicite, de se retirer de la coalition gouvernementale avec ses partisans. Même s’il reste un acteur clé de la scène politique italienne, ce dernier est loin d’être assuré de disposer au Parlement d’un nombre de députés suffisant pour renverser le gouvernement – à supposer qu’il le veuille.

Mais le principal problème de Berlusconi est ailleurs. C’est en effet tout le système clientéliste patiemment édifié par ses soins qui se trouve aujourd’hui menacé par une poignée de magistrats. Depuis le mois de mai, il a été contraint d’accepter la démission de deux ministres et d’un haut fonctionnaire du Trésor. Certains y voient la preuve qu’il n’est plus assez fort pour assurer la protection des siens.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Pétrole : un pas supplémentaire vers la production en Ouganda

Pétrole : un pas supplémentaire vers la production en Ouganda

La compagnie pétrolière Tullow Oil a finalisé deux accords avec l'État ougandais, ouvrant la voie à une exploitation commerciale rapide autour du Lac Albert.[...]

Internet en Afrique de l'Ouest : la fracture numérique en voie de guérison

L'arrivée de deux nouveaux câbles sous-marins va marquer une étape importante dans le développement du web en Afrique de l'Ouest. Mais tous les obstacles à sa démocratisation sont loin[...]

Taïwan : la réélection de Ma Ying-jeou, un soulagement pour la Chine et les États-Unis

La Chine et les États-Unis redoutaient la victoire de la candidate indépendantiste Tsai Ing-wen à la présidentielle taïwanaise. Ils respirent : Ma Ying-jeou a conservé la présidence.[...]

Iran : Ahmad Yahyazadeh, adoucir les moeurs

Installé à Paris depuis 2004, Ahmad Yahyazadeh se pose en opposant au régime iranien. Portrait d'un jeune musicien, ambassadeur de la culture perse.[...]

Patricia Elias Smida : "En France, on fait l'amalgame entre exilés fiscaux et Français de l'étranger"

Les 3 et 17 juin 2012, les Français de l’étranger voteront pour la première fois, via Internet, pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale. Rencontre avec[...]

Côte d'Ivoire - France : que se sont dit Ouattara et Sarkozy ?

Pour sa première visite d'État, le président ivoirien, Alassane Ouattara a été chaleureusement accueilli par son ami français. Ce qui ne les a pas empêchés d'aborder les[...]

Valérie Trierweiler : future première dame de France ?

Compagne discrète du candidat socialiste à la présidentielle française, l'ex-journaliste politique, Valérie Trierweiler, a choisi de faire sa sortie médiatique. Une stratégie bien[...]

Tunisie : la promesse des fleurs

A Paris, l'Institut du monde arabe ouvre ses portes aux artistes tunisiens, un an après le début du Printemps arabe. Intitulée « Dégagements », l'exposition reste très liée[...]

États-Unis : pluie de dollars sur la campagne présidentielle

Jamais les candidats à la présidentielle n'avaient dépensé des sommes aussi déraisonnables. Le record de 2008 - 5,3 milliards de dollars - va être pulvérisé. Tout ça[...]

Anne-Marie Capomaccio : "Il n'est pas question de vider RFI pour faire de la télévision"

La directrice adjointe de l'information chargée de l'Afrique à Radio France Internationale revient sur le but de la fusion programmée de RFI, France 24 et Monte-Carlo Doualiya.[...]

Voir tous les dossiers