30/07/2010 à 10h:47 Par Cécile Sow
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La justice gambienne se La justice gambienne se © AFP

Après un procès de quatre mois, la justice gambienne a condamné à mort, le 15 juillet, huit personnes accusées d’avoir comploté pour renverser le chef de l’État, Yahya Jammeh. Elles avaient été arrêtées entre octobre 2009 et mars 2010. Parmi elles, l’ancien patron de l’armée, Lang Tombong Tamba, ainsi que l’ex-chef des services de renseignements Lamin Badjie. Deux hommes d’affaires ont écopé de la même peine.

La sentence a été qualifiée d’« injuste » par Amnesty International, qui dénonce la « politisation de la justice gambienne », toujours sévère avec toute personne supposée hostile au régime. Si ce n’est pas la première fois que des peines aussi lourdes sont prononcées, l’organisation de défense des droits de l’homme relève néanmoins qu’aucune exécution n’a eu lieu depuis les années 1980.

Paradoxalement, dans d’autres domaines, la Gambie fait plutôt figure de bon élève. Elle fait, au plan économique, mieux que ses voisins de la sous-région. Selon le Fonds monétaire international (FMI), son produit intérieur brut a crû de 6,2 % entre 2007 et 2009 et continuera de progresser en 2010. Le tourisme et, plus récemment, l’agriculture sont les secteurs les plus porteurs. Ainsi, malgré les persécutions dont sont victimes opposants, journalistes et homosexuels (menacés, par Yahya Jammeh, de décapitation), la Gambie et ses 11 300 km2 continuent d’accueillir 100 000 touristes par an. Un petit paradis pour les Occidentaux en quête de tranquillité, mais où il ne fait pas toujours bon vivre. Surtout depuis que le président, lui-même auteur d’un putsch en 1994, se sent menacé. Il y a deux ans, alors que Banjul bruissait de rumeurs de complots, le Parlement avait approuvé la création de trois agences : renseignements criminels, renseignements militaires et services spéciaux. Les « comploteurs » n’ont qu’à bien se tenir.

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