28/07/2010 à 16h:16 Par Philippe Perdrix
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le 16 juillet, à Cotonou. Le 16 juillet, à Cotonou. © APA

Le candidat de l’Union fait la nation a sonné la charge contre le président Boni Yayi, attaqué sur un scandale financier.

Pas de doute, Adrien Houngbédji est entré en campagne pour l’élection présidentielle béninoise prévue en avril 2011. Et pas sur n’importe quel sujet. Le candidat de l’Union fait la nation (Un) a sonné la charge, le 16 juillet, contre le président Boni Yayi sur un scandale financier qui tourne à l’affaire d’État : les « Madoff béninois ».

Déclaration soigneusement rédigée en accord avec la direction de la coalition de l’opposition, lecture solennelle devant micros et caméras, l’avocat Houngbédji s’est transformé en procureur intraitable, estimant que le chef de l’État devait rembourser « de sa poche » les épargnants floués puis être poursuivi devant la Haute Cour de justice. On estime à plus de 100 milliards de F CFA (152 millions d’euros) l’argent collecté par une dizaine d’établissements proposant, en toute illégalité, des rémunérations à plus de 200 %. Les premiers servis, dès 2006, ont profité de ce système pyramidal. Les suivants ont tout perdu lorsque la bulle a éclaté.

Faire toute la lumière sur l'affaire

« J’ai listé des faits incontestables qui prouvent que la responsabilité du pouvoir est engagée », nous a expliqué le candidat de l’Un, faisant allusion à la lenteur avec laquelle les autorités se sont emparé du dossier et à l’audience que le président a accordée en janvier dernier à l’un des escrocs présumés, Guy Akplogan, d’ICC Services. « Cette audience a cautionné le business et a rassuré les épargnants. Ce n’est pas aux contribuables de les rembourser, et nous en tirons les conclusions politiques », ajoute Houngbédji.

Après avoir fait tomber des têtes, dont le ministre de l’Intérieur et le procureur général de la cour d’appel de Cotonou, placé en détention, et lancé des poursuites contre une dizaine de personnes, dont un cousin du président, le Palais de la Marina espère avoir « maîtrisé l’incendie sur le plan politique ». « Toute la lumière sera faite, mais il est sûr qu’il y a eu des complicités au sein de l’appareil de l’État », reconnaît un proche conseiller de Boni Yayi, qui assure que cette fameuse audience portait sur la microfinance – une activité dans laquelle Akplogan, philanthrope, voulait se lancer ! Pas sûr que cela suffise à calmer les épargnants ruinés et encore moins à apaiser la détermination de l’opposition.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Les mystères du salaire de Gerets

Article précédent :
Bharti fait des économies

Réagir à cet article

Bénin

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

France - Afrique : le PS ne manque pas d'amis !

Il y a ceux qui avaient fait le déplacement à Paris et ceux qui ont envoyé leurs félicitations depuis le continent. Par les canaux officiels, ou pas, la classe politique africaine n'a pas manqué[...]

Gouvernement Ayrault : diversité et parité au rendez-vous, Fabius numéro deux du gouvernement

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a composé mercredi 16 mai le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande. Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le[...]

Aqmi : les héritiers de Ben Laden

Installé au Mali depuis une quinzaine d'années, le journaliste béninois Serge Daniel s'est penché sur l'évolution de la nébuleuse djihadiste.[...]

France : Jean-Marc Ayrault, un Premier ministre à la fibre africaine

La France connaît le nom de son nouveau Premier ministre. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et maire de Nantes, remplace François Fillon à[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Bénin : le talon d'Achille de Boni Yayi

Plusieurs dossiers judiciaires sont en train de semer la discorde entre le président Boni Yayi et son gouvernement. Mais le pire est sans doute à venir.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Musique : la chasse aux trésors

Tombé sous le charme de la musique africaine des années 1960 à 1980, le journaliste Florent Mazzoleni aimerait monter un Buena Vista Social Club en Afrique francophone. Première étape, le Burkina[...]

Voir tous les dossiers