Extension Factory Builder
28/07/2010 à 15:31
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Conférence internationale sur le sida. Conférence internationale sur le sida. © Glez/afronline.org

« Cette découverte est une grande satisfaction », se réjouit Carole Nawina Nyirenda, coordinatrice de Citam, une association zambienne. Présentée lors de la Conférence internationale sur le sida, du 18 au 23 juillet, à Vienne (Autriche), la découverte en question est un gel microbicide destiné à prévenir la maladie. Les chercheurs y travaillaient depuis longtemps. En vain jusqu’ici.

Plus importante découverte depuis trente ans

La nouveauté de l’essai baptisé « Caprisa 004 » est que le gel mis au point contient du tenofovir, un antirétroviral utilisé dans les trithérapies. Les tests ont été menés en Afrique du Sud sur 889 femmes réparties en deux groupes, l’un bénéficiant du gel au tenofovir et l’autre d’un placébo (sans principe actif). Le gel doit être appliqué dans les douze heures précédant et suivant un rapport sexuel. Respecté scrupuleusement, ce protocole permet de réduire de 54 % le risque d’infection. En moyenne, les contaminations sont réduites de 39 %.

« C’est la découverte la plus importante depuis trente ans », confirme Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida. « Pour la première fois, les femmes pourront choisir de se protéger », renchérit le Pr Papa Salif Sow, du CHU de Fann, à Dakar. Bien sûr, il ne s’agit que de ce que, dans le jargon médical, on appelle une « preuve de concept ». Il faudra du temps avant qu’un tel gel puisse être produit et distribué. Mais on sait désormais avec certitude que la solution est efficace, sans résistance ni effets secondaires à trente mois.

« Pour cinq infections, on recense seulement deux personnes mises sous traitement. Et 33,4 millions de porteurs du VIH. Une révolution en matière de prévention est indispensable », explique encore Michel Sidibé. Selon lui, les États doivent s’efforcer de mieux connaître les caractéristiques locales de l’épidémie afin de mettre en place des moyens de prévention adaptés aux besoins ; et, bien sûr, s’investir davantage dans la prise en charge. 

Traitement simplifié

En matière de traitements, des progrès considérables ont été réalisés. Plus de 5,2 millions de personnes sont aujourd’hui traitées, soit un tiers des malades. Mais, pour beaucoup de patients des pays en développement, la question se pose désormais du passage en deuxième et troisième lignes thérapeutiques, traitements encore fort coûteux. Une première ligne coûte en effet 80 dollars par an et par patient ; et une troisième, 19000 dollars. Selon Sidibé, la solution passe par l’élaboration d’un traitement simplifié, facile à prendre et non toxique, qui pourrait être produit par une coalition de firmes pharmaceutiques.

En attendant, comme le rappelle Michel Kazatchkine, directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, « il manque, pour l’exercice 2011-2013, entre 17 milliards et 20 milliards de dollars pour assurer le budget du fonds ».

Or les gouvernements ont plutôt tendance à réduire le montant de leurs contributions. À cause de la crise, bien sûr. Le Fonds finançant la moitié des traitements dans le monde, il faut absolument une reconstitution budgétaire en octobre 2010. Faute de quoi, ce sont les malades qui paieront.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Le retour du faucon noir

Article précédent :
Obiang Nguema fils prend du galon

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

Banque mondiale : Makhtar Diop reprend son poste de vice-président Afrique

 Écarté de son poste de vice-président Afrique de la Banque mondiale début octobre, l'économiste sénégalais, à qui l'on prêtait l'intention de briguer la pré[...]

Réfugiés africains pour audimat européen

Dans un camp de réfugiés du Darfour, la chaîne Arte tourne un documentaire bimédia "à jouer". Instrumentalisation de la détresse pour une courbe d’audience ? Ou[...]

Malick Ndiaye, le gourou à six cordes

À la tête du label ThinkZik ! depuis quinze ans, le mystérieux et exigeant producteur d'Imany et de Faada Freddy attend plus de la musique africaine.[...]

Art contemporain : rififi autour du prix Orisha

Décerné le 2 octobre à Paris au Béninois Kifouli Dossou, le premier prix Orisha pour l'art contemporain africain a suscité l'agacement de plusieurs artistes et commissaires.[...]

Algérie : des juges d'instruction français vont enquêter sur l'assassinat d'Hervé Gourdel

Des juges d'instruction français vont enquêter sur l'enlèvement et l'assassinat d'Hervé Gourdel, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.[...]

Areva : Luc Oursel pas vraiment parti

En dépit du départ inattendu de Luc Oursel, pour des raisons thérapeutiques et son remplacement par son numéro deux Philippe Knoche le 22 octobre, l'organigramme d'Areva reste inchangé[...]

Ebola - Dr Eric Leroy : "L'épidémie continue d'évoluer dans le mauvais sens"

Le Dr Éric Leroy est l'un des plus grand spécialistes du virus Ebola. Selon lui, l'épidémie ne sera pas endiguée avant plusieurs mois. Interview.[...]

Brésil : Dilma Rousseff, surprise du chef

Les sondages la donnaient battue au second tour de la présidentielle par la socialiste Marina Silva. Ils se sont lourdement trompés. Avec 41,6 % des suffrages au premier, Dilma Rousseff est bien [...]

Un Michel peut en cacher un autre

Le nouveau Premier ministre se prénomme Charles et n'a que 38 ans. Mais il a de qui tenir. Louis, son père, est un vieux briscard de la politique locale. Et de la "Belgafrique".[...]

Terrorisme : le Maroc demande à la France de retirer son appel à la vigilance

Pour le ministre marocain de l'Intérieur, Mohamed Hassad, la présence du Maroc dans une liste de 40 pays dans lesquels la France appelle ses ressortissants à une vigilance renforcée "est[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers