21/07/2010 à 17h:40 Par Malika Groga-Bada
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Valérie Ann Amos. Valérie Ann Amos. © AFP

La Britannique Valerie Amos vient d’être nommée secrétaire générale adjointe de l’ONU chargée de l’aide d’urgence.

Elle est noire, arbore une coupe à la Grace Jones et a le regard pétillant d’intelligence. Valerie Ann Amos, baronne de Brondesbury, a été nommée, le 9 juin, secrétaire générale adjointe de l’ONU chargée du Bureau des affaires humanitaires et des secours d’urgence (Ocha). Elle remplace son compatriote John Holmes, en poste depuis 2007. L’Ocha coordonne les actions de secours : reconstruction à Haïti, intervention lors de l’explosion d’un camion-citerne en RD Congo ou lors de déplacements de population au Kirghizistan… Actuellement haut-commissaire du Royaume-Uni en Australie, elle ne devrait pas reculer devant l’ampleur de la tâche. À 56 ans, c’est à la force du poignet qu’elle s’est fait une place au sein de l’establishment britannique.

Née le 13 mars 1954 en Guyana – ancienne colonie britannique coincée entre le Brésil, le Suriname et le Venezuela –, la jeune Valerie Ann s’installe avec sa famille à Londres à l’âge de 11 ans. C’est une brillante élève. Dès le lycée, à l’Institution publique pour filles de Bexleyheath, dans l’Ouest londonien, elle expérimente son « leadership » en devenant la première déléguée de classe noire de son école. « Première Noire » : un qualificatif qu’elle décrochera à plusieurs reprises.

À partir de 1981, licence de sociologie et maîtrise en études culturelles en poche, elle s’occupe successivement de diversité, de femmes et de développement dans plusieurs districts de la capitale anglaise. Lorsque, huit ans plus tard, Valerie Amos est nommée directrice générale de la Commission pour l’égalité des chances, c’est le point de départ d’une carrière politique qui l’amènera à gravir tous les échelons de l’administration.

Anoblie en 1997 par la reine Elizabeth II, qui la fait baronne de Brondesbury – sur proposition de Tony Blair, Premier ministre travailliste de l’époque –, Valerie Amos est propulsée sur le devant de la scène lorsqu’elle devient, en 2001, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères puis, en 2003, la première femme noire à rejoindre le gouvernement, au poste de secrétaire d’État au Développement international. Six mois plus tard, elle prend la tête de la Chambre des Lords avant d’être nommée en 2007 représentante spéciale de l’Union européenne auprès de l’Union africaine. Soudan, RD Congo, Liberia, Sierra Leone : elle a laissé dans ces pays le souvenir d’une femme de consensus, énergique et persuasive. Autant de qualités dont elle aura besoin pour mener à bien sa mission : « Elle aura un premier défi à relever, présage Elisabeth Byrs, porte-parole de l’Ocha. Avec la crise, les États ont réduit leur participation financière à l’aide humanitaire. Elle devra les convaincre de s’engager davantage. »

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