Tout au long de l’irrésistible ascension de Vladimir Poutine vers le pouvoir, Igor Setchine (49 ans) est toujours resté dans son ombre. Tout commence à Saint-Pétersbourg, dans les années 1990. En 2000, Poutine accède à la présidence, et Setchine est nommé chef adjoint de l’administration présidentielle. À ce titre, il contrôle l’accès au nouveau chef de l’État, ce qui lui vaut le surnom d’« éminence grise » du Kremlin.
En 2006, Setchine prend les rênes de Rosneft, la compagnie pétrolière d’État. Quand, deux ans plus tard, Poutine est nommé Premier ministre, il en fait son adjoint, responsable des questions énergétiques.
Comme son mentor, il passe pour avoir travaillé dans le passé pour les « services spéciaux », mais, bien entendu, sa biographie officielle n’en souffle mot. On apprend seulement qu’il a étudié le portugais et qu’il a travaillé, dans les années 1980, comme traducteur en Angola et au Mozambique pour le compte de l’armée.
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Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]