01/07/2010 à 12h:01 Par Mahamadou Camara, envoyé spécial à New York
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

New York, siège de l’Organisation des Nations unies, 21 juin. Le Conseil de l’Internationale socialiste (IS), qui se réunit deux fois par an, est quasi au grand complet – notamment dans les rangs africains. Faut-il imputer le succès de cette grand-messe au sujet principal de l’ordre du jour (déterminer une position commune sur l’économie mondiale, à la veille du G20 de Toronto) ? Pas certain.

Les représentants africains assistent régulièrement aux rencontres de l’IS, même si « nous payons nous-mêmes nos déplacements », indique Bruno Amoussou, leader du Parti social-démocrate béninois. Frais auxquels il faut ajouter la contribution annuelle de chaque parti africain, d’un montant de 3 000 euros. Le budget de l’organisation (1,4 million d’euros en 2008) ne permet pas de soutenir financièrement les partis membres lorsqu’ils sont en campagne électorale, mais son influence peut donner un coup de pouce. Selon Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du Parti socialiste français à l’international, « l’IS offre tout de même une tribune aux Africains, qui n’en ont pas beaucoup ». Au Ghana, la tenue d’une réunion à Accra, quelques mois avant la présidentielle, en 2009, a sans doute renforcé John Atta-Mills, candidat du Congrès démocratique national. En Guinée, Alpha Condé bénéficie du soutien de l’organisation à travers son président, le Grec Georges Papandréou. « L’Internationale nous permet avant tout de nouer des relations à un haut niveau », précise Ibrahim Boubacar Keita, ancien Premier ministre malien.

Il y a quelques semaines, en petit comité, Nicolas Sarkozy s’agaçait de « l’indulgence » de la communauté internationale envers le président ivoirien et le report incessant des élections. « Laurent Gbagbo appartient à une Internationale », avait-il avancé pour expliquer cette tolérance. « Cela aide, ça crée des amitiés. Dans certains cas, il vaut mieux appartenir à l’Internationale socialiste qu’à l’internationale libérale. » CQFD ?

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

France : François Hollande et la francophonie

France : François Hollande et la francophonie

«François Hollande a compris que l'Organisation internationale de la francophonie [OIF] était un cadre intéressant pour faire avancer la démocratie en Afrique, sans trop mettre la France en avan[...]

Cinéma - Yousry Nasrallah : "Je ne me suis jamais senti aussi libre"

Le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, en compétition pour la Palme d'or, est arrivé à Cannes sans ses affaires, mais avec un film éminemment politique sur la révolution, dont les[...]

Namibie : le génocide oublié

Au tout début du XXe siècle, en Namibie, les colons allemands entreprirent d'exterminer systématiquement les peuples herero et nama. Dans un documentaire poignant, la réalisatrice Anne Poiret[...]

Syrie : petits arrangements entre parias

Comment l'Iran aide-t-il la Syrie à exporter son pétrole, en dépit des sanctions internationales ciblant les deux pays ?[...]

France : Hollande et les Arabes

Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]

Festival de Cannes : Dieudonné, "L'Antisémite" indésirable

Dieudonné n’aura pas les primeurs du festival de Cannes. Le marché du film du Festival de Cannes a obtenu, jeudi 24 mai, l’annulation de la projection de son premier long-métrage, intitulé[...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

État-Unis - Sénégal : les éloges de Carson à... Wade

Barack Obama avait promis en 2008 de soutenir la démocratie partout en Afrique. Abdoulaye Wade ayant accepté le verdict des urnes, Johnnie Carson chargé des affaires africaines au côté d'Hillary[...]

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

En visite privée en France, le souverain marocain Mohammed VI a été reçu à l’Élysée, jeudi 24 mai, dans l’après-midi. Il est le premier chef d’État[...]

RDC : droit de réponse de l'ambassadeur congolais à Paris

Suite à la publication de l’article sur les dettes contractées par l’ambassade de RDC à Paris envers l’un de ses avocats, l’ambassadeur Ileka Atoki a tenu à nous faire part des[...]

Voir tous les dossiers