16/06/2010 à 12h:04 Par Propos recueillis à Francfort par Stéphane Ballo
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Le vice-président de Lufthansa ne cache pas que 2009 a été difficile. Le vice-président de Lufthansa ne cache pas que 2009 a été difficile. © Lufthansa

Le vice-président Europe du Sud-Est, Afrique et Moyen-Orient de Lufthansa s'exprime sur l'ouverture de la compagnie au marché africain.

Jeune Afrique : Lufthansa cible des destinations sur lesquelles Air France est déjà fortement présent en Afrique. Voulez-vous profiter des difficultés actuelles de cette compagnie pour gagner des parts de marché ?

Joachim Steinbach : Nous n’allons pas sur des marchés parce que d’autres compagnies se trouvent en difficulté. Ce que nous nous voulons, c’est gagner de l’argent. Ainsi, avant d’investir un marché, nous l’étudions pour voir les opportunités qu’il peut nous offrir à moyen et long termes. Ensuite nous établissons un business plan pour le conquérir. Ce n’est un secret pour personne que nos résultats de l’année dernière n’ont pas été bons, comme ceux de nos concurrents. Et en 2010, nous avons connu plusieurs problèmes, avec un hiver très rude, l’éruption du volcan islandais… Comme toutes les autres compagnies, nous nous battons pour surmonter ces difficultés.

United Airlines et Continental Airlines ont fusionné pour donner naissance à un mastodonte du transport aérien. Craignez-vous que celui-ci débarque en Afrique ?

Cette fusion a une certaine logique. Elle vise notamment le marché américain. Mais de façon générale, les compagnies américaines vont de plus en plus aller en Afrique. Lorsqu’un nouvel acteur entre sur le marché, il rogne forcément la part des autres, c’est la règle du jeu. Les compagnies aériennes américaines peuvent proposer, à notre détriment, des liaisons directes qui intéresseraient plus les clients. Par exemple, une liaison entre le Ghana et Washington. C’est bien sûr un danger pour nous sur certaines destinations. Mais il faut dire que cette concurrence va également générer de la croissance, et toute croissance crée de la demande, donc de l’offre.

Que pensez-vous de la naissance de nouvelles compagnies africaines ?

Il est important que des compagnies africaines se développent. Celles qui naissent aujourd’hui, comme Asky Airlines au Togo, visent le marché régional, à l’intérieur de l’Afrique, où il existe une forte demande de mobilité. Nous observons ce développement avec beaucoup d’intérêt et nous pourrons éventuellement envisager des coopérations avec ces nouvelles compagnies. Il est encore trop tôt pour dire quels types de coopération nous pourrons établir, mais celle que nous nouons avec Ethiopian Airlines [un partenariat de code share, NDLR] peut servir de base. Quoi qu’il en soit, la naissance de transporteurs africains contribue à augmenter le trafic en Afrique, et cela peut nous donner des possibilités de nouvelles liaisons intercontinentales.

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