Doyenne des correspondants de presse à la Maison Blanche, Helen Thomas, 89 ans, a démissionné de son poste le 7 juin. Le même jour, son employeur, le groupe de presse Hearst, a confirmé sa mise à la retraite. Ce qu’on lui reproche ? De tonitruantes déclarations lors d’un entretien accordé à un site israélien, rabbilive.com, le 27 mai. Invitée à commenter la politique des dirigeants de l’État hébreu, la vieille dame, dont les parents étaient d’origine libanaise, n’y est en effet pas allée avec le dos de la cuillère : « Dites-leur de ficher le camp de Palestine car cette terre n’est pas à eux. » Les juifs « doivent rentrer chez eux en Pologne, en Allemagne ou aux États-Unis ». L’interview ayant été filmée et largement diffusée, le tollé a été immédiat.
Robert Gibbs, le responsable du service de presse de la présidence, a jugé ses propos « offensants et répréhensibles ». « Indéfendables », a renchéri l’association des correspondants à la Maison Blanche. Très vite, Mrs Thomas a été contrainte de présenter des excuses sur son site internet (helenthomas.org) : « Mes commentaires ne reflètent pas ma véritable conviction, qui est que la paix au Moyen-Orient ne viendra que lorsque toutes les parties reconnaîtront la nécessité du respect mutuel et de la tolérance. » Quelques intellectuels font néanmoins remarquer que les propos ouvertement racistes d’un Pat Buchanan, chef de file des « paléo-conservateurs », n’ont jamais donné lieu à une quelconque sanction.
Article suivant :
Fadima Touré-Diallo, pont entre le Québec et l'Afrique
Article précédent :
Affaire de famille
1.Mbarga - 21/06/2010 à 17h:06Maintenant tout le monde sais ce que certains refoulent![...] Lire
Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]