24/06/2010 à 11h:36 Par Cherif Ouazani
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Lyes Merabet, président de l'UGTA. Lyes Merabet, président de l'UGTA. © JA

Infatigable militant de la pluralité syndicale, ce diplômé de la faculté de médecine d'Alger issu de la génération postindépendance - il est né à Alger en 1964 - agace d'autant plus les tenants de la pensée unique que son parcours le met à l'abri du qualificatif de « subversif » qu'ils accolent un peu trop facilement à tous ceux qui pensent autrement. Scout, membre de l'Union nationale de la jeunesse algérienne (Unja, organisation de masse du FLN, alors parti unique), diplômé à l'âge de 25 ans, il choisit par idéalisme de travailler dans la santé publique plutôt que dans un cabinet privé malgré les promesses d'enrichissement rapide. Mieux, il entame sa carrière, au début des années 1990, à Larbaa, au pied de l'Atlas blidéen, au coeur du triangle de la mort du temps des GIA de triste mémoire. Il passe la décennie noire à soigner les survivants des massacres collectifs, les estropiés des attaques à la voiture piégée. Et, dans cette Mitidja terrorisée et martyrisée, Lyes Merabet trouve le temps et l'énergie de créer une association... écologique, sans oublier pour autant l'action syndicale et l'émancipation de l'UGTA, centrale qu'il juge inféodée à l'Etat-employeur. D'abord militant de base, il passe en 2002 à la direction régionale du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), puis est élu, en mars 2009, à la présidence de cette organisation, totalement indépendante de l'UGTA, et donc du pouvoir. Depuis plus de six mois, Lyes Merabet est non seulement à la pointe d'un mouvement de grève qui paralyse le secteur, mais il a aussi réussi, en avril 2010, à convaincre les autres animateurs des syndicats autonomes de la fonction publique de créer une confédération qui devrait ravir à l'UGTA son statut d'interlocuteur unique du gouvernement.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Algérie

France - Algérie : et si on parlait (enfin) du futur ?

Tarik Ghezali est ingénieur de formation, auteur d'"Un rêve algérien" et de "Chronique d’un changement attendu" (mai 2012, éditions de l’Aube).[...]

Législatives algériennes : le FLN perd 13 sièges après examen des recours

Après examen des recours à la suite des législatives du 10 mai, le Conseil constitutionnel algérien a annoncé le nombre définitif des sièges des partis à[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Musique : Warda Al-Jazaïriya, la rose algérienne

Décédée au Caire à l'âge de 71 ans, la diva de la chanson arabe Warda Al-Jazaïriya a mené une vie marquée par l'exil. Portrait.[...]

Algérie Telecom : Azouaou Mehmel, du fil à détordre pour changer les mentalités

Le nouveau patron d'Algérie Télécom, Azouaou Mehmel, veut changer les mentalités au sein du groupe public algérien. Comme les sept PDG qui l'ont précédé en deux ans ?[...]

Algérie : une quinzaine de partis boycottent les travaux de l'Assemblée

Plusieurs partis politiques algériens se sont constitués, lundi 21 mai, en "Front politique pour la démocratie". Les factions politiques ont annoncé qu'elles rejettaient les résultat[...]

Festival de Cannes : Rachid Djaïdini présente "Rengaine" à la "Quinzaine des réalisateurs"

"Rengaine", premier long métrage du Français Rachid Djaïdani, est présenté lundi 21 mai à la "Quinzaine des réalisateurs" du Festival de Cannes. Il aura fallu neuf[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Abderrahmane Hadj-Nacer : "L'autorité n'a pas d'adresse"

Pour l'ancien gouverneur de la Banque centrale algérienne, l'opacité du « système » en place est telle qu'il échappe au contrôle de ses propres dirigeants. Au point que l'on[...]

L'Algérie pleure sa chanteuse Warda, enterrée au carré des moujahidine

L'Algérie a réservé un accueil solennel et rempli d'émotion à la dépouille de sa diva Warda Al-Jazaïriya, qui a été enterrée samedi au cimetière El-Alia[...]

Voir tous les dossiers