24/06/2010 à 11h:23 Par Cherif Ouazani
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Miloud Brahimi, fondateur de la Ligue algérienne des droits de l'homme. Miloud Brahimi, fondateur de la Ligue algérienne des droits de l'homme. © JA

Il s’oppose au système dès les premières heures de l’indépendance, quand il rejoint le Parti de la révolution socialiste (PRS, de Mohamed Boudiaf). Il est même tenté par les maquis du Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed, qui a pris les armes contre le pouvoir. Ténor du barreau algérois depuis qu’il a rejoint les prétoires, au milieu des années 1970, Miloud Brahimi crée, en 1987, la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH), qui sera agréée par le président Chadli Bendjedid au prix d’un gentleman’s agreement qui ne l’empêchera pas de dénoncer la pratique systématique de la torture et l’utilisation de munitions létales par l’armée durant les événements d’octobre 1988. Prônant l’alternance, il ne brigue pas un nouveau mandat à la tête de la LADH, mais en demeure longtemps son président d’honneur.

Son humour caustique, ses formules assassines et ses brillantes plaidoiries où il pourfend les dysfonctionnements du système judiciaire, les errances de l’exécutif et l’inanité du législatif lui valent d’être l’un des avocats les plus demandés par les médias. « Il n’y a aucun courage à être courageux en Algérie », affirme-t-il, laissant entendre que son franc-parler ne lui a jamais valu de pression de la part du pouvoir. À quoi doit-il son immunité ? Au fait qu’il est le frère cadet de Lakhdar Brahimi, ancien chef de la diplomatie et ex-représentant spécial du secrétaire général de l’ONU. « Je ne sais pas si cela a été déterminant. »

Si Miloud Brahimi s’est quelque peu éloigné de la LADH, il est toujours engagé dans la défense des droits de l’homme, en particulier du premier : le droit à la vie. Abolitionniste convaincu, il multiplie les initiatives pour que le moratoire sur les exécutions capitales se transforme en suppression pure et simple de la peine de mort. Un sujet ultrasensible qui mobilise contre lui les forces conservatrices, très influentes dans les structures du système.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

France - Algérie : et si on parlait (enfin) du futur ?

Tarik Ghezali est ingénieur de formation, auteur d'"Un rêve algérien" et de "Chronique d’un changement attendu" (mai 2012, éditions de l’Aube).[...]

Législatives algériennes : le FLN perd 13 sièges après examen des recours

Après examen des recours à la suite des législatives du 10 mai, le Conseil constitutionnel algérien a annoncé le nombre définitif des sièges des partis à[...]

Droits de l'homme en Afrique : progrès incertains au Nord, attentes pour le Sud

Amnesty International a rendu public, jeudi 24 mai, son rapport annuel sur l’état des droits de l’homme dans le monde. En ce qui concerne le continent africain, l’année 2011 a été[...]

Musique : Warda Al-Jazaïriya, la rose algérienne

Décédée au Caire à l'âge de 71 ans, la diva de la chanson arabe Warda Al-Jazaïriya a mené une vie marquée par l'exil. Portrait.[...]

Algérie Telecom : Azouaou Mehmel, du fil à détordre pour changer les mentalités

Le nouveau patron d'Algérie Télécom, Azouaou Mehmel, veut changer les mentalités au sein du groupe public algérien. Comme les sept PDG qui l'ont précédé en deux ans ?[...]

Algérie : une quinzaine de partis boycottent les travaux de l'Assemblée

Plusieurs partis politiques algériens se sont constitués, lundi 21 mai, en "Front politique pour la démocratie". Les factions politiques ont annoncé qu'elles rejettaient les résultat[...]

Festival de Cannes : Rachid Djaïdini présente "Rengaine" à la "Quinzaine des réalisateurs"

"Rengaine", premier long métrage du Français Rachid Djaïdani, est présenté lundi 21 mai à la "Quinzaine des réalisateurs" du Festival de Cannes. Il aura fallu neuf[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Abderrahmane Hadj-Nacer : "L'autorité n'a pas d'adresse"

Pour l'ancien gouverneur de la Banque centrale algérienne, l'opacité du « système » en place est telle qu'il échappe au contrôle de ses propres dirigeants. Au point que l'on[...]

L'Algérie pleure sa chanteuse Warda, enterrée au carré des moujahidine

L'Algérie a réservé un accueil solennel et rempli d'émotion à la dépouille de sa diva Warda Al-Jazaïriya, qui a été enterrée samedi au cimetière El-Alia[...]

Voir tous les dossiers