Dans la Grande Charte verte des droits de l’homme, en 1988, Mouammar Kaddafi proclamait que « le but de la société libyenne est d’abolir la peine de mort ». Douze ans plus tard, le « but » n’est toujours pas atteint et vraisemblablement pas même poursuivi.
Un article laconique – six lignes – dans le journal en ligne Qurina annonce l’exécution par balles, le 30 mai, de dix-huit condamnés à mort. Quatorze d’entre eux ont été fusillés dans une prison de Tripoli, les quatre autres ont subi le même sort à Benghazi, à un millier de kilomètres de la capitale. Parmi eux, des Égyptiens, des Tchadiens et des Nigérians, jugés coupables de « meurtre avec préméditation ». Dernière information livrée par Qurina, réputé proche de Seif el-Islam, l’un des fils du « Guide » : près de deux cents personnes convaincues de meurtre patientent dans les couloirs de la mort libyens.
Le plus grand mystère entoure les exécutions. L’identité des condamnés et les conditions de leur condamnation sont tenues secrètes. Dans un communiqué publié le 1er juin, Amnesty International précise qu’en Libye les étrangers « ne peuvent que rarement bénéficier de l’assistance d’un interprète ou d’un traducteur pendant la procédure judiciaire, menée en arabe ».
En 2009, Amnesty a recensé dix exécutions capitales en Afrique : quatre en Libye, cinq en Égypte et une au Botswana. Par pendaison dans ces deux derniers pays. Le peloton d’exécution est encore en vigueur en Chine, au Yémen et en Syrie.

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