07/06/2010 à 16h:07 Par Cheikh Yérim Seck
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Ousmane Conté, fils de l'ex-président guinéen, en détention à la gendarmerie de Conakry (2008). Ousmane Conté, fils de l'ex-président guinéen, en détention à la gendarmerie de Conakry (2008). © Jerome Delay/AP-SIPA

Ousmane Conté, le fils de l'ancien président guinéen Lansana Conté, et le Mozambicain Mohamed Bachir Suleman, sont deux des nouvelles cibles de la loi américaine sur la désignation des "barons de la drogue".

Dans une lettre succincte adressée le 1er juin aux membres du Congrès, le président américain, Barack Obama, nomme « les cinq étrangers suivants comme étant passibles de sanctions, aux termes de la loi sur la désignation des barons de la drogue » : les Afghans Haji Agha Jan Alizai et Haji Bando, le Mexicain Sergio Enrique Villarreal Barragán, ainsi que le Mozambicain Mohamed Bachir Suleman et le Guinéen Ousmane Conté. Les deux derniers, figures emblématiques dans leurs pays respectifs, viennent doubler le nombre d’Africains sur cette longue liste noire américaine, qui compte déjà deux officiers supérieurs bissau-guinéens : Ibrahima Papa Camara, chef d’état-major de l’armée de l’air, et José Américo Bubo Na Tchuto, ancien chef d’état-major de la marine.

Homme d’affaires prospère, proche du Front de libération du Mozambique (Frelimo, parti au pouvoir), Mohamed Bachir Suleman est depuis longtemps dans le viseur des États-Unis, comme en témoigne cette sortie d’un responsable du Trésor américain : « Mohamed Bachir Suleman est un narcotrafiquant à grande échelle au Mozambique, et son réseau contribue au développement du trafic de la drogue ainsi qu’au blanchiment d’argent sale à travers l’Afrique australe. »

Quant à Ousmane Conté, il n’est autre que le fils de Lansana Conté, au pouvoir en Guinée de 1984 à 2008. Arrêté le 24 février 2009 par la junte militaire, qui s’est emparée du pouvoir au lendemain du décès de son père, il a reconnu avoir contribué au narcotrafic mais nié en avoir été le parrain. Ce que conteste l’administration américaine. En attendant qu’il passe devant la barre des assises, qui se tiennent à Conakry depuis plusieurs semaines, « toutes ses propriétés et tous ses intérêts sous juridiction américaine » seront saisis… Et toute personne en relation d’affaires avec lui risque une condamnation à des peines de félonie, à des amendes, saisies de biens, etc. Le redouté Office of Foreign Assets Control, un organe du département du Trésor, est déjà à l’œuvre.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Fatal numéro trois !

Article précédent :
Les incontournables de la nuit abidjanaise

Réagir à cet article

International

France : François Hollande et la francophonie

France : François Hollande et la francophonie

«François Hollande a compris que l'Organisation internationale de la francophonie [OIF] était un cadre intéressant pour faire avancer la démocratie en Afrique, sans trop mettre la France en avan[...]

Cinéma - Yousry Nasrallah : "Je ne me suis jamais senti aussi libre"

Le cinéaste égyptien Yousry Nasrallah, en compétition pour la Palme d'or, est arrivé à Cannes sans ses affaires, mais avec un film éminemment politique sur la révolution, dont les[...]

Namibie : le génocide oublié

Au tout début du XXe siècle, en Namibie, les colons allemands entreprirent d'exterminer systématiquement les peuples herero et nama. Dans un documentaire poignant, la réalisatrice Anne Poiret[...]

Syrie : petits arrangements entre parias

Comment l'Iran aide-t-il la Syrie à exporter son pétrole, en dépit des sanctions internationales ciblant les deux pays ?[...]

France : Hollande et les Arabes

Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]

Festival de Cannes : Dieudonné, "L'Antisémite" indésirable

Dieudonné n’aura pas les primeurs du festival de Cannes. Le marché du film du Festival de Cannes a obtenu, jeudi 24 mai, l’annulation de la projection de son premier long-métrage, intitulé[...]

France-Afrique : la révolution tunisienne a laissé des traces

Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]

État-Unis - Sénégal : les éloges de Carson à... Wade

Barack Obama avait promis en 2008 de soutenir la démocratie partout en Afrique. Abdoulaye Wade ayant accepté le verdict des urnes, Johnnie Carson chargé des affaires africaines au côté d'Hillary[...]

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

En visite privée en France, le souverain marocain Mohammed VI a été reçu à l’Élysée, jeudi 24 mai, dans l’après-midi. Il est le premier chef d’État[...]

RDC : droit de réponse de l'ambassadeur congolais à Paris

Suite à la publication de l’article sur les dettes contractées par l’ambassade de RDC à Paris envers l’un de ses avocats, l’ambassadeur Ileka Atoki a tenu à nous faire part des[...]

Voir tous les dossiers