03/06/2010 à 13h:58 Par Jeune Afrique
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Le président de la Commission de l'Union africaine, reçu par Laurent Gbagbo, le 24 mai à Abidjan. Le président de la Commission de l'Union africaine, reçu par Laurent Gbagbo, le 24 mai à Abidjan. © Sia Kambou/AFP

Les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) qui se sont tenues à Abidjan, du 27 au 28 mai, ont été l'occasion de réélire Donald Kaberuka à la tête de l'institution. Et de discuter de certaines médiations brûlantes.

Trente et un parrains pour Kaberuka

La réélection de Donald Kaberuka à la tête de la Banque africaine de développement (BAD), le 27 mai à Abidjan, lors des assemblées annuelles de l’institution, est passée comme une lettre à la poste. À l’encontre des procédures en vigueur, qui prévoient un vote à bulletin secret, il a été désigné par acclamations, à la demande de plusieurs États membres. Il est vrai qu’il était l’unique candidat…

Kaberuka a néanmoins bénéficié du soutien actif de Paul Kagamé, dont il fut le ministre du Plan et des Finances (1997-2005). Dès le mois de juillet 2009, soit six mois avant l’annonce officielle de sa candidature, le président rwandais a en effet plaidé sa cause auprès de ses pairs africains et a finalement obtenu le parrainage de trente et un d’entre eux (sur cinquante-deux) : Afrique du Sud, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gabon, Ghana, Guinée-Bissau, Kenya, Liberia, Malawi, Mali, Maurice, Mozambique, Niger, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Swaziland, Tchad, Tanzanie, Togo, Tunisie et Zimbabwe.

Médiation à Harare

Soumis à des sanctions depuis 2000, le Zimbabwe commence à retrouver du crédit auprès des bailleurs de fonds européens. Ne pouvant traiter directement avec lui, ces derniers ont mandaté la BAD pour coordonner leur future assistance. Ils sont conscients que les experts de la banque seront mieux reçus, et leurs conseils mieux écoutés. En dépit du gel de sa propre aide au Zimbabwe (pour défaut de remboursement), la BAD a accepté cette mission de bons offices et s’apprête à ouvrir un bureau de représentation à Harare.

Les bons offices de Jean Ping

Présent à Abidjan, Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine, a fait, le 25 mai, un bref aller-retour à Ouagadougou, où il a rencontré Blaise Compaoré, le « facilitateur » dans la crise ivoirienne. Ping, qui, la veille, avait également rencontré le président Laurent Gbagbo, a paru rassuré par ses entretiens avec les deux hommes. Pour la communauté internationale, l’objectif est d’obtenir que l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire ait lieu avant le mois d’octobre. Une date symbolique puisqu’elle marque le terme du « second mandat » de Gbagbo­, élu en octobre 2000 pour cinq ans.

Afrique du Sud : une anomalie réparée

Exclue en 1964 pour cause d’apartheid, l’Afrique du Sud n’a été de nouveau admise au sein de la BAD que le 13 décembre 1995. Depuis, elle a multiplié par cinq sa participation au capital (de 0,95 % à 4,6 %), et reste à ce jour le seul pays à souscrire au Fonds africain de développement (FAD), destiné aux pays les plus pauvres. Longtemps, cela n’a pas suffi à lui assurer une place dans le management. Cette anomalie est désormais réparée. Le 28 mai, elle a été élue membre permanent des conseils d’administration de la BAD et du FAD.

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