19/04/2010 à 12h:42 Par Nicolas Michel
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L'écrivain arabe israélien Ala Hlehel, en août 2006. L'écrivain arabe israélien Ala Hlehel, en août 2006. © PASCAL SAEZ/SIPA PRESS

Confronté à l'interdiction décrétée par Israël pour tous ses ressortissants de se rendre au Liban, l'écrivain arabe israélien Ala Hlehel a dû monter jusqu'à la Cour suprême de l'État Hébreu pour obtenir son visa. Et aller recevoir un prix littéraire au pays du Cèdre. Mais c'est à cause du nuage de cendres sur l'Europe qu'il a finalement dû renoncer à son voyage.

« Ne demandez pas aux arbres leur nom / N’interrogez pas les vallées sur leur mère », écrivait le poète palestinien Mahmoud Darwich dans Passeport. Auteur d’une nouvelle qui porte le même titre, publiée dans l’anthologie Madinah en 2008, l’écrivain arabe israélien Ala Hlehel se heurte aujourd’hui aux mêmes difficultés que le héros de son récit : en raison du manque de confiance entre Israéliens et Palestiniens, ce dernier vivait un véritable cauchemar en tentant d’obtenir les papiers nécessaires pour se rendre au Royaume-Uni.

Hlehel, lui, devait aller au Liban entre le 14 et le 18 avril pour y recevoir un prix littéraire dans le cadre de Beyrouth 39, dont il est l’un des gagnants. Mais, considérant que ce pays est un « ennemi d’Israël », le Premier ministre Benyamin Netanyahou a mis son veto au voyage… Eli Yishai, son ministre de l’Intérieur, a renchéri, invoquant l’avis des services de sécurité israéliens et arguant que les Libanais « pouvaient très bien envoyer le prix par la poste ». Le 13 avril, la Cour suprême de l’État hébreu en a décidé autrement. Contre l’avis du gouvernement, elle a jugé que le cas Hlehel était « exceptionnel et inhabituel ».

Né en Galilée, Ala Hlehel, 36 ans, écrit des nouvelles, des pièces de théâtre et des scénarios. Pour talentueux qu’il soit, il n’était pas certain qu’il puisse se rendre à Beyrouth : intervenue tardivement, la décision de la Cour ne lui laissait guère de temps pour obtenir un visa. « Ma nationalité, c’est le cœur de tous les hommes /Retirez-moi donc mon passeport ! » écrivait Mahmoud Darwich. Finalement, c'est le nuage de cendres sur l'Europe qui a obligé Ala Hlelel à annuler son voyage.

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