15/04/2010 à 17h:35 Par Propos recueillis par Malika Groga-Bada
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Le producteur exécutif des Kora Awards. Le producteur exécutif des Kora Awards. © D.R.

Le plus grand rendez-vous musical africain s’est tenu au Burkina, le 4 avril. Presque sans fausse note. Grâce à la ténacité du Béninois Ernest Coovi Adjovi. Interview.

Après quatre années d’absence, une tentative de délocalisation au Nigeria et plusieurs reports, les Kora Awards, qui récompensent les musiciens et chanteurs du continent, se sont enfin tenues le 4 avril à Ouagadougou. Près de 3 000 personnes étaient réunies au Palais des sports de la capitale burkinabè. Le Béninois Ernest Coovi Adjovi, président et producteur exécutif des Kora Awards, revient sur cette 11e édition.

Jeune Afrique : Quel bilan faites-vous des Kora Awards 2010 ?

Ernest Coovi Adjovi : C’est une réussite totale. L’Afrique du Sud, où se sont déroulées jusqu’alors les Kora, avait mis la barre haut, et le Burkina a su relever le défi. Je ne remercierai jamais assez le président Blaise Compaoré, qui nous a bien reçus et qui a tenu tous ses engagements. Cela fait d’autant plus plaisir que nous savons que ce pays ne croule pas sous les richesses.

Peut-on en déduire que les Kora s’installent au Burkina ?

Nous sommes toujours sous contrat avec le Nigeria [où devait se tenir cette édition, NDLR]. Et si je considère que ce contrat est altéré, il n’est pas encore rompu. Nous donnons encore quelques mois aux autorités nigérianes pour mettre en place les infrastructures que nous attendons depuis 2007. Si elles ne bougent pas, nous resterons au Burkina avec plaisir. Mais quatre ans sans les Kora Awards, plus jamais !

Pourquoi le Nigeria ne respecte-t-il pas sa part de contrat ?

Le président de l’époque, Olusegun Obasanjo, nous a donné son accord de principe. Mais l’application de la décision revient au gouvernement de l’État de Lagos, et c’est là que tout coince. La corruption de certains fonctionnaires est à la base du retard pris.

Des problèmes d’organisation ont été relevés : le public ivoirien se plaint de n’avoir pas pu voter.

Je suis désolé pour le public et pour les artistes ivoiriens. Cela ne relève pas de l’organisation. Mais de la responsabilité de la RTI [la télévision ivoirienne, NDLR], qui n’a relayé ni les conditions de vote ni le compte à rebours pourtant envoyé par le monitoring de CFI [Canal France International, NDLR] à plusieurs reprises. Le seul pays où j’ai tenu une conférence de presse pour exhorter la population à voter massivement pour leur artiste, c’est la Côte d’Ivoire. Nous n’avons pas eu d’aide des services de communication de la primature ni de la présidence de ce pays, même si nous avons reçu l’aide financière du Premier ministre.

Concernant les artistes, certains annoncés étaient absents, d’autres espérés sur scène étaient simples spectateurs…

Dans les catégories régionales, 42 nominés sur 60 étaient présents. Parmi les potentiels lauréats du million de dollars, seulement 6 absents sur 20. En plus, la plupart des artistes sont venus à leurs propres frais. Les absents avaient des engagements ailleurs et cela se respecte : P-Square par exemple [élu meilleur groupe africain de l’année, NDLR] était en concert. Cela ne les a pas empêchés de venir se produire le 5 avril lors du concert gratuit au stade du 4-Août. Pour ce qui est des artistes récipiendaires : 9 sur 14 étaient présents.

Que dire de la défection d’Akon, la star sénégalo-américaine ?

Je m’abstiendrai de qualifier l’attitude d’Akon… pour le moment ! Il a reçu la moitié de son cachet et le complément à bonnes dates. Un avion a été affrété pour son aller-retour New York-Ouagadougou. Lorsque nous avons été informés qu’il risquait d’être à Dakar pour les festivités marquant le cinquantenaire du Sénégal le même jour, nous nous sommes inquiétés. Mais son manager nous a répondu par mail ceci : « Nous sommes au courant de ces rumeurs et vous prions de ne pas vous inquiéter. Akon n’est pas au Sénégal et n’a aucune intention d’y être. » Une chose est sûre, cette affaire n’en restera pas là.

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