L’homme d’affaires suisse Jean-Paul Barbier-Mueller (80 ans) est connu pour avoir créé les musées qui portent son nom, d’abord à Genève (Suisse), puis à Barcelone (Espagne), au Cap (Afrique du Sud) et, bientôt, à Dallas (États-Unis). Spécialiste de l’histoire et de la poésie françaises du XVIe siècle, homme de goût à la tête d’une vaste collection d’art premier – il répugne à employer le terme – en provenance d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du Sud, il est un promoteur inlassable de ces cultures qui le passionnent.
Le 24 mars, au musée du Quai-Branly (Paris), il a ajouté une pierre à son grand œuvre en créant la Fondation Barbier-Mueller, avec le soutien de l’entreprise horlogère Vacheron Constantin. L’objectif est de financer deux enquêtes ethnologiques par an, devant chacune déboucher sur des publications scientifiques. Une démarche non lucrative qui vise à « ne rien laisser perdre de ce qui est l’œuvre de l’homme ». Bien entendu, il ne s’agit pas pour les ethnologues « du monde entier » d’étudier les groupes ethniques les plus connus, mais des « petites populations » jusque-là négligées et dont la culture risque de disparaître. À titre d’exemple, les deux premières publications de la Fondation, en 2010, porteront sur les Gans du Burkina (par Daniela Bognolo) et sur les Wans, les Monas et les Koyagas de Côte d’Ivoire (par Alain-Michel Boyer). Un code de déontologie interdira aux enquêteurs d’acquérir ou de recevoir des artefacts des populations étudiées.
Unique bémol à cette sympathique entreprise : un seul Africain (le sculpteur sénégalais Ousmane Sow) parmi les sept membres du conseil de la fondation, et aucun parmi les quatorze personnalités du comité scientifique. Les chercheurs du Sud sont priés de se faire connaître…
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