Extension Factory Builder
30/03/2010 à 15:06
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président de la transition, le général Sékouba Konaté, le 15 janvier 2010 à Ouagadougou. Le président de la transition, le général Sékouba Konaté, le 15 janvier 2010 à Ouagadougou. © AFP

Contrairement à son prédécesseur, le chef de la junte ne gouverne pas. Il a laissé la transition aux civils pour mieux se charger des militaires et des relations extérieures, avec le soutien de la communauté internationale.

« Il n’a aucune ambition présidentielle et s’en ira après la transition », jure son entourage. Et on finit par le croire. L’Élysée, en tout cas, lui fait confiance. En somme, Sékouba Konaté sera moins le Mauritanien Ould Abdel Aziz que le Malien ATT. Ce dernier l’a d’ailleurs reçu longuement au début de mars et a évoqué, devant son hôte médusé, les grandes stars de la Guinée d’antan, musiciens et footballeurs...

Doré est le vrai patron

L’incident diplomatique guinéo-malien de février 2009, qui n’a jamais été officiellement mentionné, est donc clos. Ce jour-là, Dadis Camara, visiblement mal réveillé, se précipite à l’aéroport où il fait attendre plusieurs heures le président malien qui était venu à Conakry directement d'Addis-Abeba, où avait lieu le sommet de l’Union africaine, pour la cérémonie du quarantième jour de la mort de Lansana Conté.

Les Maliens ont bien reçu le général Konaté, même si certains jugent son séjour de 72 heures un peu long pour un homme qui « n’a que six mois pour mener à bien la transition ». Les esprits critiques oublient cependant que le général, contrairement à son prédécesseur, ne gouverne pas. Il n’assiste pas aux Conseils des ministres dont le seul vrai patron est le Premier ministre, Jean-Marie Doré. Quant au processus de transition en général, Sékouba Konaté évite autant que possible de s’en mêler. « C’est une affaire politique et nous la laissons aux politiques. Nous avons beaucoup appris des douloureux événements que notre pays a traversés », aime à expliquer le porte-parole de la junte, le commandant Mandjou Dioubaté, l’homme qui, tous les soirs, lisait à la télé les multiples décrets et contre-décrets dont la Guinée de Dadis était si friande.

S’il ne gouverne pas, que fait donc Sékouba Konaté de ses journées ? « Il veille ce grand corps malade qu’est l’armée guinéenne, et ce n’est pas rien », explique un analyste politique guinéen réputé. « En tout cas, comme par un coup de baguette magique, les Bérets rouges ne colonisent plus les rues encombrées de la capitale », constate-t-il. Pour le reste, le général signe les décrets. Selon ses proches collaborateurs, il déteste arbitrer entre les politiques et les exhorte à s’entendre entre eux avant de venir à lui.

Ambassadeur en uniforme

C’est ainsi qu’il signe le 7 mars le décret fixant au 27 juin prochain la date du premier tour de l’élection présidentielle guinéenne. Le même jour, il paraphe celui qui nomme les 155 membres du Conseil national de transition proposés par Hadja Rabiatou Serah Diallo. Un Conseil qui ressemble à une sorte d’arche de Noé avec tous les spécimens possibles et imaginables de la Guinée. Et Konaté ne se prononce publiquement sur aucune des nombreuses querelles entre les acteurs de la transition. C’est le cas quand, par exemple, Jean-Marie Doré entretient, malgré les accords de Ouagadougou, le flou sur sa candidature à la présidentielle qu’il est censé préparer. C’est aussi le cas quand la bouillante patronne du Conseil national de transition oppose un niet catégorique à ceux qui la pressent de démissionner de la tête de la puissante Confédération nationale des travailleurs.

Le chef de l'Etat par intérim ne se soucie pas plus des querelles entre civils que des Cassandre qui prédisent l’échec de la transition. Fin mars-début avril, il se rendra à Rabat pour ses contrôles médicaux, mais il ira aussi plaider pour son pays. Il se plaît dans ses habits de VRP de la Guinée devenue plus « fréquentable » depuis les accords du 15 janvier dernier. Tripoli, Abuja, Dakar, Bamako, Banjul, bientôt Ankara... Konaté est « surbooké ». Il a juste le temps, à Conakry, de serrer la main des officiels venant de Paris, de Washington ou de l’Union européenne. Tous pressés, bien-sûr, « d’aider la Guinée à réussir sa transition ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Guinée

Ebola : ZMapp, remède miracle ?

Ebola : ZMapp, remède miracle ?

Tout juste arrivé au Liberia, le cocktail d'anticorps non homologué ZMapp donne des premiers résultats encourageants.[...]

Ebola - François Lounceny Fall : "Nous en appelons à plus de solidarité de la part des pays-frères africains"

Alors que l'Afrique de l'Ouest est frappée par une épidémie d'Ebola sans précédent, le ministre guinéen des Affaires étrangères, François Lounceny Fall, a fait le[...]

Le Maroc "solidaire" des pays touchés par Ebola au nom de sa politique africaine

Avec la suspension des vols d'Air France vers la Sierra Leone, le Maroc est le dernier pays à desservir de manière régulière les trois principaux pays frappés par l'épidémie[...]

Ebola : inquiète des conséquences économiques, la BAD va mobiliser 150 millions de dollars

Après avoir octroyé 60 millions de dollars à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour lutter contre l’épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la Banque africaine de[...]

Ebola : un médecin libérien traité avec le sérum ZMapp décède

Un médecin libérien contaminé par Ebola, qui avait reçu une dose du sérum expérimental ZMapp, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Le ministre de la[...]

Ebola : pour la première fois, un expert de l'OMS touché par la maladie

Un expert de l'Organisation mondiale de la santé, opérant en Sierra Leone pour lutter contre l'épidémie d'Ebola, a contracté le virus à l'origine de la fièvre hémorragique,[...]

Ebola : ONU et OMS promettent des moyens sans précédent contre une épidémie "exceptionnelle"

L'ONU et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont promis samedi des moyens "sans précédent" au Liberia pour faire face à la propagation foudroyante du virus Ebola, qui menace les acquis[...]

Ebola : stopper la progression de l'épidémie "prendra 6 à 9 mois", selon l'OMS

L'épidémie d'Ebola a atteint une telle vitesse de propagation qu'il faudra de six à neuf mois pour l'arrêter, a prévenu vendredi un haut responsable de l'Organisation mondiale de la santé[...]

Ebola : le Sénégal ferme sa frontière avec la Guinée, 13 décès suspects en RDC

Alors que commence la tournée du coordinateur de l'ONU contre le virus Ebola dans les pays les plus touchés par l'épidémie, le Sénégal a décidé jeudi de fermer ses[...]

Ebolaphobie : l'Afrique mise au ban du monde ?

La psychose suscitée par le virus Ebola atteint parfois des records d'absurdité. Les raccourcis, les incompréhensions et les confusions alimentent l'inquiétude à l'étranger... qui peut[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex