17/03/2010 à 14h:39 Par Leïla Slimani
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'ancienne top-modèle Waris Dirie. L'ancienne top-modèle Waris Dirie. © AFP

Adaptation de l’autobiographie de la Somalienne Waris Dirie, Fleur du désert retrace son parcours extraordinaire et son combat contre l’excision.

Un port de tête princier, un visage dessiné au fusain et le corps longiligne des Africaines de l’Est. C’est cette beauté fulgurante que remarque le photographe Terence Donovan lorsqu’il rencontre pour la première fois Waris Dirie, dans un fast-food de Londres en 1983. La jeune femme a 18 ans, elle est sans papiers et survit en faisant des ménages. Quatre ans plus tard, elle fait la couverture du prestigieux calendrier Pirelli puis enchaîne les contrats de top-modèle. En dix ans, elle devient l’une des mannequins noires les plus célèbres au monde. Mais derrière cette image de papier glacé, incarnation du glamour et de la sensualité, se cache une femme hors du commun, qui a tout mis en œuvre pour fuir le destin qu’on lui imposait.

Née en Somalie, dans la région de Galkacyo, Waris est excisée à l’âge de 5 ans. À 13 ans, pour fuir un mariage forcé, l’adolescente rejoint Mogadiscio, où vit une partie de sa famille. Elle suit ensuite son oncle, nommé ambassadeur à Londres et qui la fait travailler comme femme de ménage. Maltraitée, pas payée, elle devient une esclave des temps modernes. Lorsque son oncle est rappelé en Somalie, elle refuse de le suivre et vit clandestinement à Londres.

Sujet tabou

Cette histoire, Waris la raconte pour la première fois en 1997 à une journaliste de l’édition américaine de Marie Claire. Elle brise son image parfaite, au grand dam des marques pour lesquelles elle travaille et pour qui l’excision est un sujet tabou. « Je ne pouvais pas rester assise sans rien faire, je ne pouvais pas rester les yeux fermés. Je voulais que ça explose aux yeux du monde », dira-t-elle plus tard. La même année, elle publie son autobiographie, Fleur du désert, en collaboration avec Cathleen Miller. Un best-seller qui se vend à plus de 11 millions d’exemplaires et qui vient d’être adapté au cinéma (voir encadré).

Contactée par l’Organisation des Nations unies, elle devient ambassadrice de bonne volonté contre les mutilations génitales féminines. En 2003, elle crée sa propre fondation et mène dans le monde entier des campagnes de sensibilisation. « Le jour où je me suis fait mutiler, je me suis fait une promesse. Si je n’y reste pas, je me battrai toute ma vie pour que cette pratique disparaisse », confiait-elle alors.

Mère de deux enfants, Waris Dirie vit aujourd’hui en Pologne. Et doit publier son quatrième livre, dans lequel elle reviendra sur son expérience de top-modèle. Et elle le promet : « Vous allez avoir de sacrées surprises ! »

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Petit Blanc en déroute

Article précédent :
Fleur du désert

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Somalie

Piraterie : pourchassés, les flibustiers somaliens changent de tactique

Piraterie : pourchassés, les flibustiers somaliens changent de tactique

Ils sévissaient surtout le long des côtes somaliennes. Traqués de tous côtés, les flibustiers écument désormais de plus en plus les eaux du golfe de Guinée et changent de tacti[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Somalie : combats et avancée progouvernementale au nord-ouest de Mogadiscio

La force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) a affirmé avoir pris vendredi aux islamistes shebab, à l'issue de combats intenses, un des derniers quartiers de la périphérie de Mogadiscio qu'ils[...]

Peine de mort : malgré les exécutions sommaires, l'Afrique progresse

Au moins 23 personnes ont été exécutées suite à une condamnation à mort en Afrique en 2011, selon le rapport annuel d’Amnesty International. Si le bilan n’est que partiel[...]

Libye : les services de sécurité démantèlent un réseau de traite de migrants clandestins

Les services de sécurité libyens ont arrêté cinq personnes impliquées dans un réseau de traite d’être humains, jeudi 15 mars. Des migrants clandestins venus de Somalie et du[...]

Mobilisation internationale pour la Somalie à Londres

Les nombreux participants à la conférence de Londres sur la Somalie, le 22 février, ont pris des mesures financières pour favoriser le processus de transition du pays, sans gouvernement stable depuis[...]

Somalie : revoilà les Anglais

Un nouvel ambassadeur à Mogadiscio, une conférence à Londres... Les Britanniques reprennent pied en Somalie.[...]

La Somalie n'est plus en état de famine, mais la situation reste précaire

La Somalie n'est désormais plus en état de famine, après six mois d'une crise humanitaire qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, mais cette amélioration demeure précaire dans ce[...]

Sahel : crise alimentaire en vue, l'ONU tire la sonnette d'alarme

Une catastrophe alimentaire menace le Sahel. Les Nations Unies ont appelé jeudi la communauté internationale à se mobilier de toute urgence afin d’éviter une crise de alimentaire de grande[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers