09/03/2010 à 14h:29 Par Nicolas Marmié
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Le président n’est pas apparu en public depuis son retour au pays. Sa succession est déjà à l’ordre du jour.

Un président fantôme, mais un président quand même. Au nom de l’unité nationale dans « une période difficile », les gouverneurs des 36 États du Nigeria ont appelé leurs concitoyens à « prier pour le prompt rétablissement » du chef de l’État, Umaru Yar’Adua, 59 ans, musulman et originaire du Nord. Souffrant officiellement d’une grave affection cardiaque, le successeur d’Olusegun Obasanjo reste invisible depuis son retour le 24 février à Abuja après trois mois de soins intensifs en Arabie saoudite. En attendant son hypothétique retour aux affaires, aucune procédure d’empêchement ou de démission forcée n’a été officiellement engagée. Pour l’heure donc, l’État fédéral le plus peuplé d’Afrique reste dirigé par le vice-président Good­luck Jonathan, un chrétien sudiste.

La fragilité institutionnelle du Nigeria, qui inquiète ses voisins et les capitales occidentales, semble donc colmatée. Mais le People’s Democratic Party (PDP), au pouvoir, a averti : la direction de l’exécutif par un sudiste n’est que provisoire, et Jonathan ne pourra pas concourir à la prochaine élection présidentielle de 2011. Une règle institutionnelle tacite prévoit en effet que la présidence soit confiée en alternance entre nordistes et sudistes dans un pays toujours miné par de sanglantes rivalités ethniques et confessionnelles. Jonathan est donc confirmé dans son rôle de « président actif » mais, sous le regard toujours attentif de l’armée, cette mission est à durée déterminée. Et périlleuse, comme en témoigne l’apparition d’un nouveau groupe de rebelles, les Forces révolutionnaires patriotiques du peuple, qui a attaqué la semaine dernière une station de pompage du groupe Shell dans la région pétrolière du Delta. Région que le président Yar’Adua s’était attelé à pacifier avec une offre d’amnistie. 

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