17/02/2010 à 18h:01 Par Alain Faujas
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Des manifestants brûlent le drapeau européen, à Athènes, le 10 février Des manifestants brûlent le drapeau européen, à Athènes, le 10 février © AP PHOTO

La vague spéculative qui, en février, a frappé l’Espagne et le Portugal est partie de Grèce au début du mois de décembre 2009. Les agences de notation Fitch et Standard & Poor’s avaient alors abaissé la note de la Grèce en raison de la dégradation de ses comptes publics. Le déficit budgétaire avoué par le nouveau gouvernement socialiste dirigé par Georges Papandréou était passé d’un coup de 6 % à 12,7 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que l’endettement public passait de 97 %, en 2008, à 114,9 %.

Les marchés se sont brusquement souvenus que les gouvernements grecs de toutes couleurs avaient truqué leurs statistiques pour pouvoir entrer dans la zone euro. Et ils ont pris peur : si la Grèce se révélait incapable d’assurer la charge de sa dette ? La première conséquence de cette défiance a été le renchérissement des prêts qu’Athènes obtient sur le marché. Immédiatement, la Grèce a dû payer 2,3 points de plus que l’Allemagne.

Gestion approximative

Progressivement, les spéculateurs, hedge funds, fonds de pension et autres gestionnaires de trésorerie et de fortune ont pris conscience que la montagne de dettes accumulées par les États était une cible de choix. En achetant en effet sur le marché les titres d’assurance qui garantissent aux prêteurs qu’ils retrouveront l’argent prêté aux États en difficulté, ils jouaient gagnants à coup sûr : leur hausse était certaine, compte tenu des rumeurs de faillites qui se sont mises à courir dans les salles de marché après le naufrage de l’émirat de Dubaï.

Ils ont cherché les proies les plus faciles et ont d’abord ciblé la Grèce, avec ses 114,6 % d’endettement et sa gestion économique et financière approximative. La dette astrono­mique du Japon (189,3 %) ne leur a pas semblé assez fragile en raison de la puissance économique de ce pays. Début février, la chasse à l’Espagne et au Portugal (83,8 % d’endettement, « seulement ») s’est donc ouverte.

Il suffit de consulter la liste des pays endettés de l’OCDE pour connaître les prochaines victimes de la spéculation. Tous ceux dont la dette dépasse 100 % du PIB – c’est-à-dire la Belgique (101,2 %) et l’Italie (123,6 %) – sont potentiellement menacés. Certains experts estiment que si l’Union européenne ne sauve pas la Grèce de la faillite, tout le système pourrait s’effondrer comme des dominos. Même la Grande-Bretagne (71 %, mais dont la dette croît très vite) et les États-Unis (83,8 %) seraient alors en danger.

Ce scénario catastrophe signifierait inévitablement un redémarrage de la crise et de la récession dont l’économie mondiale a tant de mal à sortir depuis l’été 2009.

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