02/02/2010 à 10h:55 Par Stéphane Ballong
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Débris de l'avion récupéré par les commandos de marine libanais, le 26 janvier à Beyrouth Débris de l'avion récupéré par les commandos de marine libanais, le 26 janvier à Beyrouth © Sipa

À la suite du crash du 25 janvier, la réputation de la doyenne des compagnies africaines risque d’être écornée.

Si le mauvais temps a contribué au drame, il ne saurait l’expliquer à lui seul, et de nombreuses questions restent posées sur les circonstances réelles de l’accident du Boeing 737-800 d’Ethiopian Airlines survenu le 25 janvier, vers 2 heures du matin (heure locale), au large du Liban. La catastrophe a coûté la vie aux 90 personnes présentes à bord du vol ET409 : des Éthiopiens, des Libanais, des Africains d’origine libanaise et une Française, l’épouse de l’ambassadeur de France au Liban. Plus d’une vingtaine de corps ont été repêchés.

Concernant les raisons pour lesquelles le pilote a pris une autre direction que celle qui lui avait été indiquée par la tour de contrôle de l’aéroport de Beyrouth, plusieurs hypothèses sont avancées : soit le moteur ne lui a pas permis d’effectuer la manœuvre adéquate, soit il a été confronté à un autre problème technique. La compagnie, refusant de remettre en question les compétences de son employé, a indiqué le jour même du drame qu’il avait une vingtaine d’années d’expérience, aux commandes de différents types d’avions. Quant à l’appareil, fabriqué en 2002, son dernier contrôle de maintenance date du 29 décembre.

Seules les deux boîtes noires, localisées, le 27 janvier, à 10 km à l’ouest de l’aéroport et à 1 300 m de profondeur, éclaireront les experts. Mais leur analyse devrait prendre de longues semaines. Il va sans dire que la bonne réputation dont jouit la doyenne des compagnies aériennes africaines (65 ans), en Afrique comme dans le reste du monde, risque de prendre un coup s’il s’avère que son pilote ou l’état de l’avion était à l’origine de la catastrophe. Le dernier accident recensé chez Ethiopian Airlines remonte à novembre 1996, lorsque l’un de ses avions à destination de la Côte d’Ivoire a été détourné par des pirates de l’air pour finir par s’écraser, faute de carburant : 130 passagers sur 170 avaient alors péri. En 1988, ce sont 31 personnes, sur 105 à bord, qui ont perdu la vie dans le crash de l’un de ses appareils, au décollage de Bahar Dar, en Éthiopie.

Avec 37 avions desservant 56 destinations, Ethiopian Airlines est la seule compagnie africaine à disposer d’un centre de formation et de maintenance de renommée internationale. C’est d’ailleurs elle qui fournit ces types de services à la majorité de ses consœurs africaines. La compagnie est également l’une de celles qui renouvellent le plus souvent leurs appareils. Trois jours avant le drame, elle avait annoncé la commande de 10 moyen-courriers 737-800, pour 767 millions de dollars, au constructeur aéronautique américain Boeing.

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