En crise depuis 2001, Japan Airlines (JAL) a été déclarée en faillite le 19 janvier, avant de passer sous la protection de l’État pour échapper aux poursuites de ses actionnaires et de ses créanciers. Malgré une dette colossale de 25 milliards de dollars (17,7 milliards d’euros), la compagnie aérienne nippone ne disparaîtra donc pas du ciel. Le gouvernement pouvait difficilement abandonner à son sort l’un des symboles de la prospérité du Japon de l’après-guerre.
Après le boom des années 1960-1980, JAL n’a jamais pu s’adapter aux crises successives que le secteur a traversées depuis le début des années 2000 ni résister à la concurrence de All Nippon Airways ou de Singapore Airlines. Son slogan « The New Height of Luxury » (« le dernier summum du luxe ») n’était plus qu’un mirage. Renflouée à plusieurs reprises par l’État et les banques, l’entreprise n’en a pas moins vu son trafic diminuer de moitié en neuf ans et a perdu de l’argent sur la plupart de ses vols. Elle devrait perdre pour l’exercice en cours, qui se termine le 31 mars 2010, encore 2,8 milliards de dollars.
Le plan de restructuration que le nouveau patron, Kazuo Inamori (77 ans), est chargé de mettre en œuvre d’ici à 2012 entraînera des coupes claires dans les salaires et les retraites, ainsi que dans les effectifs (15 700 postes devraient être supprimés, sur 47 526), les lignes (aucune ne dessert l’Afrique), la flotte et les filiales (hôtellerie, agences de voyages). La valeur de l’action ayant été réduite à 0, contre 200 yens en janvier 2009, les actionnaires ne pourront récupérer leur mise, tandis que les créanciers devront effacer une ardoise de 8 milliards de dollars. JAL a annoncé le maintien de ses vols et de ses miles de fidélité au prix d’une injection d’argent frais par l’État (3,3 milliards de dollars) et d’une ligne de crédit de 6,6 milliards.
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1.rayna - 14/04/2011 à 11h:04cela s'appele du vol. je suis actionnaire de 91000 actions de JAL et on me dit d'oublier. Pourquoi je ne pourrais pas attendre simplement que JAL revi[...] Lire
Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]