19/01/2010 à 13h:22 Par John Danforth (1), général Lazaro Sumbeiywo (2)
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(1) Envoyé spécial des États-Unis lors du processus de paix entre le Nord-Soudan et le Sud-Soudan (2) Ex-médiateur kényan de l'Igad pour le Soudan

Aujourd’hui, exactement cinq ans après la signature de l’accord global de paix entre le Nord- et le Sud-Soudan qui a mis fin à la guerre civile la plus longue en Afrique, la guerre menace de nouveau. En tant que témoins privilégiés des négociations de cet accord, nous avons assisté à ce processus long, frustrant, et qui a paru parfois impossible. Le désir de paix commun aux deux parties en conflit a progressivement surmonté l’hostilité et la méfiance mutuelles, pour parvenir le 9 janvier 2005 à la signature de l’accord, établissant un gouvernement d’unité nationale regroupant les anciens ennemis.

Cet accord de paix décrivait comment le gouvernement traiterait les questions litigieuses durant une période transitionnelle de six ans. Il a également établi un gouvernement semi-autonome dans le Sud-Soudan, identifié trois zones de transition qui décideront de leur appartenance au Sud ou au Nord, et affirmé le droit des Soudanais du Sud à tenir un référendum d’autodétermination en janvier 2011.

 

Le Soudan est à l’aube d’un nouveau chapitre de son histoire. Des élections nationales sont prévues en avril et le référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan doit avoir lieu dans douze mois, alors que des clauses essentielles de l’accord ne sont toujours pas mises en œuvre. Sans soutien international intensifié pour aider le Nord et le Sud à s’entendre sur les bases de leur avenir, nous craignons que les élections et le référendum ne replongent le pays dans une guerre massive.

La détérioration des conditions dans les différentes régions du pays démontre l’urgence de la situation. La violence s’est intensifiée dans le Sud ; au Darfour, les causes principales du conflit ne sont toujours pas traitées. De même, la situation dans les autres régions du Soudan reste instable.

L’accord n’a pu résoudre tous les problèmes. Mais il a été conçu pour parvenir, après six ans, à un Soudan plus démocratique, mieux gouverné et en paix. De telles aspirations sont peut-être encore réalisables mais le temps s’écoule inexorablement. Au vu des préparatifs actuels, les élections prévues dans trois mois échoueront probablement à répondre aux standards démocratiques et pourraient exacerber les violences en cours.

Nous craignons que l’opportunité offerte par cet accord ne soit manquée, à moins que les efforts déployés pour sa signature ne reprennent avec la même intensité pour préserver la paix. Nous implorons les nations concernées de soutenir les acteurs soudanais dans la quête d’une paix durable en :

• S’accordant sur une feuille de route conjointe comprenant une médiation intensifiée et un appui technique afin d’aider le Nord et le Sud à mettre en œuvre le reste de l’accord de paix, y compris les consultations populaires, le référendum dans les zones de transition, ainsi que le référendum dans le Sud en 2011 ;

• faisant pression sur le gouvernement d’unité nationale afin de permettre des élections équitables ;

• soutenant des mesures accrues de protection des civils à travers les forces de maintien de la paix des Nations unies au Darfour et au Sud-Soudan, comprenant des plans d’urgence en cas de violence.

 

Il est déjà trop tard pour mettre en œuvre toutes les promesses de l’accord de paix. Mais il reste encore un peu de temps pour éviter une catastrophe annoncée qui replongerait le peuple du Soudan dans les jours noirs de la guerre Nord-Sud.

Nous demandons à tous les gouvernements d’utiliser chaque jour qu’il reste.

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