01/02/2010 à 09h:19 Par Philippe Perdrix
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Il aura fallu plus de six ans de discussions pour que le Congo-Brazzaville atteigne enfin, le 28 janvier, le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Une bouffée d’oxygène pour les finances de ce pays pétrolier dont la dette extérieure représente plus de 50 % du PIB. Au total, l’accord approuvé par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale permettra d’effacer 1,9 milliard de dollars.

« Après les négociations avec le Club de Paris [les créanciers bilatéraux, NDLR] en mars prochain, il nous restera à payer moins de 1 000 milliards de F CFA [1,5 milliard d’euros] », s’est réjoui Gilbert Ondongo, le ministre congolais des Finances.

La fin d’une époque pour le Congo. Mais, pour en arriver là, Brazzaville a dû passer sous les fourches caudines des institutions de Bretton Woods. Avec une production d’hydrocarbures qui a dépassé les 100 millions de barils en 2009 (plus de 85 % des recettes de l’État), toute l’attention des technocrates de Washington s’est portée sur la gestion de cette manne. « Ce fut laborieux », résume un représentant des bailleurs internationaux.

En ligne de mire, l’articulation entre la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), présidée par Denis Gokana, et sa filiale, la Congolaise de Trading (Cotrade), dirigée par Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du chef de l’État. Officiellement, il s’agissait ainsi de protéger les cargaisons de brut de la rapacité des « fonds vautours », qui ont racheté à bas prix de la dette congolaise. Ce qui n’a pas empêché le FMI et la Banque mondiale de demander en juillet dernier « la communication d’informations complètes pour l’audit des entreprises pétrolières appartenant à l’État et la mise au point définitive d’un plan de lutte contre la corruption ». Finalement, Brazzaville a dissous, fin décembre 2009, la Cotrade, levant ainsi le dernier obstacle à l’obtention du statut de PPTE.

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