07/01/2010 à 11h:41 Par Jeune Afrique
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Jean-Pierre Oyiba, l'ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba Jean-Pierre Oyiba, l'ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba © Désirey Minkoh pour Jeune Afrique

Le Gabonais Jean-Pierre Oyiba, ancien directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, se déclare « blanchi » des soupçons de fraude qui pesaient sur lui. Quant à Armand Brice Ndzamba, principal responsable du réseau de détournement révélé par Jeune Afrique, il reste derrière les barreaux à Libreville. Et avoue sa part de responsabilité.

Jean-Pierre Oyiba, l’ancien directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo Ondimba, démissionnaire le 9 novembre après que son nom a été cité dans le scandale du BEP, le bureau parisien de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), contre-attaque. Entendu comme témoin, les 20 et 25 novembre, par la brigade des fraudes, à Paris, il a fait diffuser une lettre – au demeurant fort prudente – du procureur Jean-Claude Marin confirmant ces auditions, pour en conclure qu’il était « blanchi ».

Aucune plainte contre Oyiba

Il ne pouvait, en réalité, en être autrement, puisque nul n’a jamais accusé Oyiba d’être membre du réseau responsable des détournements massifs sur lesquels porte l’enquête de la brigade des fraudes, et qu’il ne fait l’objet d’aucune plainte dans le cadre de cette ­affaire. Le problème, en ce qui le concerne, porte sur les quatre chèques présumés frauduleux émanant du BEP et libellés à son nom (montant total : près de 100 000 euros) dont la Société générale a remis des copies au comité d’audit de la Beac (à noter qu’Oyiba possède plusieurs comptes à l’agence des Champs-Élysées de la Société générale, là où les avoirs du BEP étaient domiciliés jusqu’en décembre 2007).

Selon son avocat, Oyiba n’aurait « jamais eu connaissance » de ces chèques. Son client aurait été abusé par le comptable du BEP, Armand Brice Ndzamba, qui lui aurait fait croire qu’il était « un homme d’affaires sérieux » – tout en étant, ce qui était manifestement contradictoire, un agent de la Beac.

Ndzamba avour sa culpabilité

Principal responsable du réseau mafieux, Ndzamba a par ailleurs écrit du fond de sa cellule de la maison d’arrêt de Libreville au président Bongo Ondimba une lettre datée du 9 décembre dans laquelle il reconnaît sa part de culpabilité, tout en précisant que le réseau existait avant son recrutement, en 1992. Il n’avait, ajoute-t-il, « aucun pouvoir pour mettre un terme à cette pratique déjà bien ancrée dans les mœurs des premiers responsables de la Beac ».

Tout en exonérant l’ancien directeur de cabinet de toute participation dans les détournements, l’ex-­comptable du BEP rappelle au chef de l’État qu’il l’a rencontré il y a quelques années, à Paris, « en compagnie de Jean-Pierre ». « Au cours de notre échange, rappelle-t-il, je vous ai dit que je faisais des affaires pour lesquelles j’avais le soutien de mon frère aîné, Jean-Pierre Oyiba. » Lequel, apparemment, n’a pas tenu compte du fait que les statuts de la Beac interdisent formellement à ses agents de… faire des affaires.

Quel successeur pour Andzambé?

Enfin, à trois semaines du sommet des chefs d’État de la Cemac, prévu à la mi-janvier à Bangui, le nom du successeur de Philibert Andzembé au poste de gouverneur de la Beac n’est pas ­encore connu avec certitude. Présentée par Ali Bongo Ondimba, la candidature du Gabonais Alexandre Barro Chambrier n’a toujours pas été avalisée par les présidents Biya et Obiang Nguema, au point que Libreville pourrait sortir un autre atout de sa manche : Henri-Claude Oyima, le patron de la banque BGFI.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Tirs en pleine rue: sept morts dont six coptes

Article précédent :
Voie ouverte pour Sambi

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Gabon

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Quatre étudiants de l'Université Omar-Bongo de Libreville (UOB) ont été arrêtés et un autre blessé après des heurts avec les forces de l’ordre jeudi 24 mai, a affirm&eac[...]

Bois : Rougier fait machine arrière à la bourse

Confronté à la difficulté de dynamiser son cours en bourse, le groupe forestier français Rougier quitte Euronext pour un autre compartiment, dédié aux PME.[...]

Gabon : le rapporteur de l'ONU déplore "l'impunité" des "trafiquants de personnes"

Le rapporteur spécial de l'Onu sur le trafic d'êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, a jugé vendredi "alarmant" l'impunité des "trafiquants de personnes" au Gabon, au terme d'une[...]

Gouvernement Ayrault : diversité et parité au rendez-vous, Fabius numéro deux du gouvernement

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a composé mercredi 16 mai le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande. Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Gabon : Guy Nzouba Ndama, Bongo forever

Président de l'Assemblée gabonaise depuis 1997, Guy Nzouba Ndama est un pilier du système Bongo. Après avoir servi le père, il a soutenu le fils. Rencontre avec un homme qui a fait de la[...]

Gabon - BTP : Ali double la mise

Le président Bongo Ondimba souhaite investir 18 milliards d'euros en cinq ans via l'Agence nationale des grands travaux. C'est deux fois plus que ce qu'il avait annoncé en octobre.[...]

Marchés publics africains : le leadership chinois pointé du doigt

Barrages, routes, chemins de fer... Depuis dix ans, Pékin multiplie les contrats en Afrique, sur le modèle controversé "matières premières contre infrastructures". Mais d'autres[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Voir tous les dossiers