Pivot central du Super Diamono de Dakar, qui a fêté ses 30 ans devant 200 000 spectateurs au Sénégal en 2004, Omar Pène est un chanteur au timbre singulièrement âpre et doux. Un passeur de messages, également, plébiscité par la jeunesse sénégalaise, même si lui-même – né en 1955 – n’est plus tout à fait un gamin. Malgré une carrière déjà longue et une distinction méritée (Kora d’or en1998 à Johannesburg), il n’a jamais reçu l’audience qu’il mériterait à l’échelle internationale.
Son nouvel album est un coup de maître. D’une tonalité franchement acoustique, il propose un mbalax sensible et délicat, dans la lignée de Myamba, sorti en 2005 au Sénégal, son avant-dernier disque. « Il s’appelle Ndam, ce qui signifie “triomphe” en wolof. Je chante le triomphe du paysan, raconte Omar Pène. C’est lui qui donne vie à la terre. Avec des moyens rudimentaires, il parvient à y faire pousser de quoi nourrir des bouches. Cet album est un hommage au paysan, et j’invite nos leaders africains à prendre exemple sur lui. Chez les dirigeants politiques, en Afrique, on voit trop souvent des gens qui se servent au lieu de servir. »
Il est aussi question d’enfance maltraitée, également au centre des préoccupations de l’artiste, exprimées à travers ses nouvelles chansons. L’album est dédié à tous les enfants du monde et à l’ONG Plan Sénégal, avec laquelle Omar Pène est sur le point de construire une maison-école dans la région de Dakar, pour les enfants des rues.
Aztec Musique/Discograph
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