07/12/2009 à 16h:05 Par Marianne Meunier
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Une unité spéciale, le Groupement spécial d'intervention, traque les terroristes d'Al-Qaïda Une unité spéciale, le Groupement spécial d'intervention, traque les terroristes d'Al-Qaïda © Laurent Prieur

Après le kidnapping de trois Espagnols sur un axe routier très fréquenté, d’aucuns s’interrogent sur la stratégie de lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

L’enlèvement de trois humanitaires espagnols sur la route goudronnée Nouakchott-Nouadhibou, le 29 novembre, est un coup dur pour le président Mohamed Ould Abdelaziz et son armée. Depuis plusieurs semaines, ils s’emploient à afficher leurs capacités d’action face à la menace d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Du 5 au 9 novembre, la Grande Muette a invité une quinzaine de journalistes à suivre le Groupement spécial d’intervention aux confins du Sahara et du Sahel. Objectif : montrer comment cette unité spéciale traque les terroristes. Le 27 octobre, à Paris, Ould Abdelaziz renouvelait auprès de Nicolas Sarkozy sa détermination à mater AQMI. Avec l’aide de la France, qui a placé en « Aziz » l’espoir d’une sécurisation de la Mauritanie – Total opère dans le bassin du Taoudenni, zone exposée – ne lui ménageant pas son soutien avant son élection.

Le kidnapping du 29 novembre, sur l’un des axes les plus fréquentés du pays, vient lézarder le tableau. Quatre jours plus tard, l’acte n’avait toujours pas été revendiqué. Mais il porte la marque d’AQMI. « Dans la région, seul AQMI dispose d’une base arrière permettant de commettre un enlèvement », affirme une source mauritanienne proche du groupe. En juin dernier, l’assassinat d’un Américain à Nouakchott n’avait été revendiqué que plusieurs jours plus tard ; idem après l’enlèvement, en décembre 2008 au Niger, de deux diplomates canadiens et de leur chauffeur (libérés en avril).

Il n’est pas exclu que les bénévoles espagnols, enlevés à la tombée du jour, aient été conduits de nuit dans le nord du Mali voisin, sanctuaire d’AQMI où avaient été détenus les otages canadiens. Et où se trouve, peut-être, le Français kidnappé le 26 novembre au Mali, à 1 600 kilomètres au nord-est de Bamako.

À Nouakchott, on s’interroge sur la stratégie de lutte contre un phénomène qui s’installe dans le pays. « Aziz » ne devrait-il pas recourir au renseignement plutôt qu’à des démonstrations de force ? « Le terrorisme se combat par l’infiltration, poursuit la même source. La Mauritanie est aussi un pays de recrutement de combattants d’AQMI. » Encore faut-il en convaincre le chef de l’État. « Il n’y a aucune base arrière de terroristes islamistes en Mauritanie », avait-il déclaré à Paris. 

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