10/12/2009 à 10h:26 Par Xavier Chimits
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Le constructeur automobile français a pris du retard et différé ses ambitions. Mais l’essentiel demeure : le site marocain entrera en fonction au début de 2012.

L’usine de Renault-Tanger s’est matérialisée. Ahmed Reda Chami, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, et Jacques Chauvet, responsable Méditerranée chez Renault, en ont posé la première pierre voilà un mois. Pour le reste, beaucoup d’incertitudes demeurent. Renault évoque toujours les mêmes objectifs que lors de la présentation par Carlos Ghosn, son président, du projet Tanger, en septembre 2007, en présence du roi Mohammed VI : 400 000 véhicules par an, 6 000 emplois directs, 30 000 emplois indirects chez les sous-traitants. Soit la première usine automobile du continent africain. Mais, échaudé par la crise qui a depuis fragilisé l’industrie automobile, le constructeur français ne se hasarde plus à fixer de dates…

Déjà, au départ, les deux marques de l’alliance Renault-Nissan devaient construire des véhicules à Tanger : modèles à bas prix dérivés de la plate-forme Logan pour Renault, petits utilitaires légers pour Nissan. Ne demeure plus que Renault. Et l’usine de Tanger ne sera portée à une capacité de 400 000 véhicules qu’en cas de retour de Nissan. Selon les dernières déclarations de Renault, la première tranche de l’usine sera opérationnelle au début de 2012 (deux ans de retard sur le plan initial), avec une capacité de 170 000 véhicules. Pour mémoire, le porte-parole de Renault Maroc affirmait en décembre 2008 que ni le planning ni les objectifs de l’usine ne seraient remis en question et démentait les rumeurs concernant Nissan. Deux mois plus tard, Renault annonçait un retard de « quelques mois », et Nissan son retrait. Le vent tourne vite dans l’industrie automobile…

Ensuite, capacité ne signifie pas production. Combien de véhicules seront construits à Tanger en 2012 ? Quels seront alors les effectifs de l’usine ? À quelle échéance est prévu le retour de Nissan, et donc la seconde tranche, qui portera la capacité de l’usine à 400 000 unités par an ? À ces questions, Renault ne répond pas. Cette prudence est légitime. Le marché automobile est aujourd’hui trop fluctuant pour qu’un constructeur puisse prévoir ses besoins de production deux ans à l’avance. L’essentiel est que le projet Renault-Tanger suive son cours, afin que l’usine puisse donner sa pleine mesure quand l’horizon sera dégagé. Telle est d’ailleurs la position du gouvernement marocain, qui, conscient des difficultés de Renault, a desserré les cordons de sa bourse plus largement qu’il ne l’avait escompté au début de l’aventure. Outre la mise à disposition de 314 hectares à Meloula et d’un quai d’embarquement sur le nouveau port de Tanger pour les véhicules destinés à l’exportation ainsi que la construction d’une voie ferrée de 30 km entre ces deux lieux, le royaume a ajouté une prise de participation de 48 % dans l’usine Renault via la Caisse de dépôt et de gestion sur un investissement global de 350 millions d’euros pour la première tranche. C’était le prix à payer pour que le Maroc figure un jour parmi les grands pays producteurs de la planète.

Pendant ce temps, la Somaca, usine de montage créée à Casablanca en 1959 (opérationnelle en 1962), poursuit son chemin : signe de la belle santé du marché marocain, elle va de nouveau battre son record cette année, avec environ 55 000 Renault, Dacia Logan, Peugeot et Citroën assemblées, soit une progression de 28 % par rapport à 2008 !

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Maroc

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