07/12/2009 à 14h:12 Par Cécile Sow, à Dakar
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La démission de Moustapha Touré fait suite à plusieurs accrochages avec le pouvoir.

Moustapha Touré, le président de la Commission nationale électorale autonome (Cena), a démissionné le 26 novembre. Ce départ aurait sans doute suscité moins d’indignation s’il n’avait pas été quelque peu forcé.

Le premier acte se déroule le 5 novembre au Palais de la République. Le chef de l’État, qui l’a convoqué, presse Touré de rendre son tablier. « Je ne vous fais plus confiance. Vous êtes contre moi et vous combattez mon parti », lui lance-t-il. Le 23 novembre, l’intéressé riposte. Dans un courrier à Abdoulaye Wade, il rappelle les circonstances de sa nomination, en 2005, et les termes de sa mission : contrôler et superviser des élections « libres et transparentes ». Surtout, il souligne avoir toujours été guidé dans sa vie par trois principes : « Ne jamais mentir, ne jamais tricher, ne jamais violer [sa] conscience. » Trois jours plus tard, il démissionne officiellement. Entre-temps, Ami­nata Tall, la secrétaire générale de la Présidence, et d’autres personnalités lui ont vivement conseillé d’éviter la confrontation.

Pourquoi Wade s’est-il débarrassé de Touré ? En 2007, un mois avant le scrutin présidentiel et juste après la publication des listes, la Cena avait relevé que le fichier électoral ne comportait que 3,5 millions d’inscrits, contre 5 millions annoncés par le ministère de l’Intérieur. Ce mystère, qui empoisonne depuis les relations entre la Commission et le pouvoir, n’a jamais été élucidé.

D’autres incidents ont suivi. En mai 2009, par exemple, peu avant les élections locales, le Parti démocratique sénégalais (PDS) et ses alliés n’avaient pas du tout apprécié que la commission conteste la validation, dans deux localités (Ndoulo et Ndindi), de listes de la coalition Sopi déposées en retard.

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