25/11/2009 Ă  11h:03 Par Jeune Afrique
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L’indispensable indépendance monétaire

- La photo de l’article « Zone franc : le bout du tunnel ? » (J.A. n° 2548), montrant MM. Ntsimi, Cissé et Diby Koffi, jette aux yeux des Africains une cruelle vérité que beaucoup d’entre eux ignorent : nous ne sommes pas indépendants sur les plans monétaire et financier ! Quels sont ces pays qui crient leur indépendance chaque fois que ça les arrange et qui envoient leurs argentiers et gouverneurs à Paris pour « le sommet de la zone franc » ?

Où les gouverneurs des Banques centrales mauritanienne, ghanéenne, nigériane, malawite vont-ils tenir leurs sommets ? À Londres ? Paris ? Rome ? Que nenni : les choses se passent chez eux. Il faudrait que l’on se mette une bonne fois pour toutes en tête que l’indépendance monétaire est l’une des clés de l’indépendance tout court, au-delà des mots et des postures idéologiques de chacun. C’est bien beau de voir et d’entendre les dirigeants africains crier haro sur la CPI et consorts, mais quand obtiendrons-nous l’indépendance monétaire d’abord, et ensuite le lancement de travaux pour une monnaie unique ?

Obambé Gakosso, Gisors, France

 

Libanais de naissance, Sénégalais d’adoption

- J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’enquête sur les Libanais d’Afrique (J.A. n° 2544) et tenais 
à vous en faire compliment. Je suis moi-même libanais de naissance. Mon père, originaire de Tyr, avait émigré en 1925 à Dakar où, comme tous mes frères et sœurs, je suis né. J’y réside depuis et y exerce la profession de médecin.

Libanais de naissance, Sénégalais d’adoption, je suis aussi français par décret et c’est en tant que tel que j’ai été élu en 1997, puis réélu en 2003 et 2009 conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger pour la circonscription de Dakar. Je représente donc mes compatriotes du Sénégal, mais aussi de cinq pays circonvoisins. Parmi ces Français, vous l’imaginez, il y a des milliers de binationaux. C’est un engagement en politique d’un type spécial, très rare mais assez important pour être souligné.

Hassan Bahsoun, Dakar, Sénégal

 

Obama et le bourbier afghan

- Entre les nombreuses pertes humaines tant au niveau des civils que des forces de la coalition internationale, les fraudes à l’élection présidentielle et l’avancée des talibans près de la capitale, nous sommes en droit de qualifier la guerre en Afghanistan de casse-tête pour Obama. La raison en est simple : la mauvaise gestion de cette guerre, dès le départ, par l’administration Bush.

Aujourd’hui, Obama est obligé de gérer les conséquences d’un conflit dont il se serait bien passé. Il n’est pas très expérimenté, mais il prend le temps de la réflexion, ce que ses adversaires prennent pour de la faiblesse. Si je devais choisir, je préfèrerais un président qui « doute » – c’est-à-dire un président qui réfléchit afin de trouver une solution régionale efficace – à un président qui se laisse berner par ses conseillers.

Luo Matundu Goya, Paris, France

 

Haro sur la riadmania

- Le Maroc reste l’une des destinations préférées des Français, mais pas seulement pour un simple séjour touristique. Une véritable « riadmania » sévit en effet depuis longtemps dans les médinas marocaines. La vague people des années 1980 a cédé la place à celle des résidents « temporaires » des années 1990. Puis, dès 2000, il y eut la ruée des businessmen, davantage intéressés par la plus-value et le retour sur investissement que par l’exotisme des demeures traditionnelles. C’est un pan entier du patrimoine marocain – souvent deux fois séculaire – qui est sacrifié sur l’autel de l’autodénigrement culturel.

Un peu tardive, une prise de conscience s’opère. Comme à Fès où, pour éviter la vente de leurs riads et la spéculation des acheteurs européens, une passionnée et jeune architecte locale aide des familles marocaines à rénover leurs vieilles habitations et à les aménager en chambres d’hôtes pour y accueillir des voyageurs. Une sorte de « tourisme solidaire » prisé par des Occidentaux adeptes du « commerce équitable ». L’avantage est double : préserver un patrimoine familial en le valorisant et transformer des Marocains non plus en domestiques dans leurs propres demeures, mais en entrepreneurs. Des Marocains devenus ainsi producteurs de richesse et acteurs du développement pour et dans leur propre pays… Qui dit mieux ?

Ali Darhlal, Talence, France

 

J.A., lecture régénérante

- Hier après-midi, comme plusieurs fois auparavant, j’ai consulté votre journal à la bibliothèque municipale. Une fois de plus, j’y ai trouvé une ambiance et un ton que je recherche vainement chez vos confrères français. J’ai 67 ans, et l’ambiance « socio-économico-politique » européenne me semble très décevante. Lire dans un journal comme le vôtre que sur notre grand continent, voisin du Sud, les choses évoluent autrement que ce que nos médias en disent, les rares fois qu’ils en parlent, est nettement régénérant. Merci et longue continuation !

Michel Thibault, Angers, France

 

Précision

- Le profil du général Abdelaziz Bennani paru dans le dossier « Les 50 qui font le Maroc » (J.A. n° 2545-2546) appelle les remarques suivantes :

1) Les combats contre le Polisario ont été menés dès la première bataille d’Amgala (28 et 29 janvier 1976) par une équipe dirigée par le défunt général Ahmed Dlimi, et composée de vaillants et courageux stratèges militaires, dont le général Abdelaziz Bennani, alors colonel, et feu le colonel-major Abrouk faisaient partie.

2) La construction du mur de défense a été l’œuvre de la même équipe dirigée et supervisée par le général Ahmed Dlimi, alors commandant en chef de la zone sud.

3) Après la disparition du général Ahmed Dlimi en janvier 1983, le commandement de la zone sud avait d’abord été confié à feu le colonel-major Britel, dont le successeur sera par la suite, et jusqu’à ce jour, le général Abdelaziz Bennani.

Farid Dlimi Ben Lahcen, Rabat, Maroc

 

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